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Mauvaises mamans : est-ce un sujet tabou ?


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Les invités 

• Houda Hjiej, pédopsychiatre

• Me Najia Taktak, avocate au barreau de Casablanca

• Reda Mhasni, psychologue clinicien et psychothérapeute

• Meriem Laraqui, présidente de l’association pour la protection des enfants mineurs au Maroc

Édito

Mis à part quelques exceptions qui échappent à une règle qui semble faire l’unanimité, il est bien souvent reproché aux pères d’être absents et assez démissionnaires de leur rôle de parent au quotidien. Les mères, elles, sont bien souvent encore présentées, face à cet absentéisme paternel, comme devenant de plus en plus, seules responsables de leurs enfants. Beaucoup n’hésitant pas, d’ailleurs, à sacrifier leur carrière professionnelle, ou du moins, la mettre entre parenthèses, pour pouvoir, au mieux, assurer un double-rôle pas toujours facile à porter. Une anomalie découlant d’un déséquilibre familial qui semble s’être banalisé. Mais il en découle aussi cette image stéréotypée et socialement réconfortante de la « bonne maman », « la maman parfaite ». Même si, psychologiquement, elle constitue une pression difficilement supportable pour des femmes qui développement la peur de ne pas être à la hauteur de cette attente sociale. La peur d’être une « mauvaise mère » ; autre notion tout juste sortie du tribunal public autoproclamé de la maternité exemplaire.

Et les reproches virent vite au paradoxe. Car à la « mauvaise mère », il est reproché qu’elle ne soit pas suffisamment protectrice envers sa progéniture. Mais aussi d’être peu souciante du bien-être de ses enfants, d’être négligente car préférant ne pas sacrifier sa propre identité de femme sur l’autel de la maternité.

Pendant ce temps-là, il est reproché à celles qui réussissent à décrocher la médaille de la maman parfaite, d’être trop protectrices et de s’investir tellement dans leur rôle de mère qu’elles en oublient leur vie et leur identité de femme.

Mais si la figure de la bonne mère est traditionnellement convenue, la figure de la mauvaise mère, elle, est encore taboue, car elle confirmerait une tendance à la déviance sociale des genres et des sexes.

Notre société est traditionnellement confortée dans l’idée que le sentiment maternel soit instinctif chez toute femme. Elle n’est, au contraire, absolument pas disposée à accueillir ouvertement en son sein des femmes n’ayant pas naturellement tendance à s’oublier pour leurs enfants dans une configuration où la priorité ne serait pas l’enfant mais la maman, la femme.

Toutes les femmes sont-elles faites pour la maternité ? Si tel est le cas, quelles sont les cases à cocher pour être une « bonne mère » ? Qu’est-ce qu’inversement, une mauvaise mère ? Et que dire de ce mal du siècle appelé « le burn- out maternel » et qui en souffre ? Des bonnes mères ayant peur d’en devenir des mauvaises, ou au contraire, des mauvaises mères se forçant à en devenir des bonnes ? Et si, au final, il n’y avait pas de bons ni de mauvais modèles de mères et que chaque femme était maman à sa façon qui n’appelle ni aux félicitations ni aux critiques ? C’est le débat que nous ouvrons avec nos invités cet après-midi dans Avec Ou Sans Parure.


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