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Les intellectuels s'emparent du débat sur la ruine de l'école marocaine

Les intellectuels s’emparent du débat sur la ruine de l’école marocaine


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Les intellectuels s'emparent du débat sur la ruine de l'école marocaine

Les invités

• Hassan Aourid, auteur et professeur universitaire

• Ali Bouabid, délégué général de la Fondation Abderrahim Bouabid

• Azzeddine Akesbi, expert en planification de l’éducation

• Driss Jaydane, chroniqueur Luxe Radio chargé des questions philosophiques

Édito

La démocratie. Ce système politique né en Grèce, à Athènes, au 5ème siècle Avant JC pour mettre fin à de longs siècles de gouvernements tantôt oligarchiques, principalement aristocratiques, tantôt totalitaires et tyranniques. Le concept, à sa naissance est simple, donner le pouvoir au peuple, à la majorité. Depuis, la démocratie athénienne s’est diffusée à travers le monde jusqu’à devenir un idéal dont beaucoup de démocraties modernes sont fortement inspirées. Et si, dans plusieurs pays, la démocratie est un acquis, dans beaucoup d’autres cela reste un vœu pieu quasi inavouable, quand dans d’autres, la transition est en marche vers une citoyenneté plus affirmée et une séparation des pouvoirs beaucoup plus que de forme.

Le Maroc est de ces pays qui ont entamé depuis bien des années une transition démocratique qui semble avoir du mal à s’achever. Que cela prenne plusieurs années à se mettre effectivement en place, n’est pas en soi un problème, car le processus de démocratisation d’une société est une opération de longue haleine qui nécessite beaucoup plus que des lois. C’est une construction qui nécessite de revoir de fond en comble les fondements d’une société, les institutions qui la dirigent, les membres qui la constituent, et les mentalités qui y règnent.

Sauf que sur la longue route de la construction démocratique, quelques arrêts sont nécessaires, certains peuvent être volontaires, quand d’autres sont, des fois, forcés. Ce sont les obstacles qui entravent la bonne marche d’un processus de démocratisation qui représente pour une société le danger de retomber dans les travers de systèmes oligarchiques qui ont la peau dure. Dans le cas du Maroc, la situation de l’Ecole peut être de ces obstacles-là.

Car, faut-il le rappeler, l’un des principes fondamentaux de toute démocratie est l’égalité. Un principe loin d’être d’actualité au vu de l’état de détresse d’un système d’Education nationale en agonie et qui, nous l’avons à bien des reprises martelé dans nos débats, a bien du mal à se remettre de longues années de mauvaise gestion et de manque de vision.

L’école, lieu de parole et de débat, est le fondement de la démocratie. Mais dans le fond et dans la forme, l’école marocaine publique est sans doute le premier obstacle à l’achèvement d’une transition démocratique laborieuse. Quand l’accès au savoir est inégal, comment espérer, plus tard, un rapport à la décision qui soit, lui, égal ? L’accès à l’école est aujourd’hui la première expression d’une inégalité sociale qui est, au final, beaucoup plus que sociale. C’est clairement l’expression d’un ascenseur social qui se met en marche ou à l’arrêt pratiquement à la naissance.

La démocratisation de la société veut une formation bien plus que théorique sur les valeurs de la liberté et de l’égalité des chances. Elle veut surtout que ces valeurs se transforment ensuite en réalité effective, notamment dans l’accès à l’éducation. Nous en sommes concrètement loin. Comment alors y arriver et rattraper un temps précieux et sans cesse perdu dans la longue marche vers la démocratie ? Comment faire pour que l’école apprenne à tous, non seulement à lire, à écrire et à compter, mais à devenir égaux dans le droit et l’aptitude à participer, plus tard, à la construction de la société et à s’y situer équitablement? C’est le débat que nous ouvrons avec nos invités cet après-midi dans Avec Ou Sans Parure.


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