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Niqab

Couvrez-moi ce visage que je ne saurais voir


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Niqab

Il y a quelque jour, une prétendue circulaire du ministère de l’intérieur a créé la polémique sur le net. Cette dernière, si elle s’avère être vraie, interdit la fabrication et la vente de la « Burqa », et par ricochet du voile intégral.

La raison avancée ? L’impératif sécuritaire.

Le ministère n’a cependant pas osé aller jusqu’à l’interdiction du port du « Niqab », mais c’est un premier pas audacieux.

Mis à part les critiques d’ordre légal formulées à l’encontre de cette circulaire, et qui me paraissent à bien des égards secondaires, c’est la question de son efficacité et des arguments pseudo-religieux avancés par certains qui m’interpellent.

Loin de moi l’idée d’entrer dans des querelles byzantines stériles au sujet des fondements théologiques du port du voile intégral, je me contenterais d’un argument majeur :

Dans le Saint des Saints de l’Islam, la Mecque, et durant l’un des rites les plus sacrés, le Hajj, les femmes n’ont pas le droit de se voiler le visage.

Nos rues seraient-elles plus sacrées que le voisinage de la « Kaaba » ? Les femmes qui portent le « Niqab », prétendraient-elles être plus pures et pieuses que les millions de femmes qui ont fait le pèlerinage depuis l’époque du Prophète « béni soit-il » jusqu’à nos jours?

L’Habit ne fait le moine, il ne fait pas la nonne non plus.

Et si vous trouvez l’adage « à Rome faites comme les romains » trop occidental, je vous propose celui-ci, qui est plus à propos : « Au Maroc, faites comme à la Mecque ».

Enfin, la bataille contre le voile intégral ne se joue pas dans les échoppes et autres bazars,  mais dans l’esprit des gens. Car au final, le « Niqab » n’est qu’un épiphénomène qui semble cacher un phénomène plus alarmant, celui de la diffusion d’un modèle sociétal propre aux sociétés tribales du désert Arabique, sous couvert d’Islam et de piété.

C’est la réification ou la chosification de la femme, qui je vous le concède, n’est pas l’apanage du « Salafisme ». Car pour le libéralisme économique et sociétal, la femme est un bon consommateur et un objet vendeur qu’il faut dévoiler, voire dénuder, tandis que pour le « Salafisme » c’est un objet de convoitise qu’il faut cacher. Les extrêmes finissent toujours par se rejoindre.

Quant à la pudeur morale, elle consiste avant tout à cacher dans les dédales de nos âmes ce qu’il y a de plus abject en nous : égoïsme, avarice, injustice, etc.

« Un homme ça s’empêche » disait Camus, une « femme » aussi.


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