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À table, citoyens !


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Être assis à la table ne fait pas de vous un convive sauf si vous partagez une partie du repas. Il n’est donc pas juste de demander à quelqu’un de dire qu’il dîne avec vous simplement parce que vous l’avez autorisé à s’asseoir à votre table et à vous regarder manger devant son assiette vide. Il en va de même en matière de citoyenneté. On ne peut demander aux marocaines et aux marocains de se comporter comme des citoyens alors qu’ils ne participent pour la plupart d’entre eux ni au choix du menu, ni à la préparation du repas et encore moins à sa consommation. Et pas seulement par crainte de l’article 222 du code pénal !

La citoyenneté ne se décrète pas. Elle s’exerce ! En premier lieu et principalement au plan local. Citoyenneté ne dérive-t-il pas du mot Cité ? Les décisions prises au niveau des communes doivent l’être par les citoyens, le plus directement possible, sans intermédiaires. Les rues de Casablanca ne sont pas sales parce que les casablancais sont sales. En tout cas, pas plus sales que d’autres citadins dans d’autres parties du monde. Non, elles sont sales parce que celles et ceux en charge de la gestion des ordures sont incompétents ou à tout le moins ne consacrent pas l’énergie nécessaire à l’exécution de fonctions pour lesquelles ils se sont pourtant portés volontaires… sans que nul ne les y oblige jamais !

Certaines rues de Casablanca ne sont plus sûres notamment pour nos femmes et nos filles non parce que les casablancais seraient par nature violents, misogynes et agressifs mais parce que nos élus n’ont pas pris la pleine mesure de la noble et formidable mission qui est la leur. Servir leurs concitoyens. Et non se servir de leurs concitoyens. Deux petites lettres qui portent en elles tout un monde de différences. Quand on se sert de ses concitoyens, on disparaît généralement une fois élu pour ne plus réapparaître que quelques semaines avant de nouvelles échéances électorales.

Quand on sert ses concitoyens, on est généralement sur le pont de jour comme de nuit à s’assurer que les services publics fonctionnent comme ils le devraient et si ce n’est pas le cas à apporter les correctifs nécessaires. Quand on se sert de ses concitoyens, on est généralement injoignable et on s’assure de bien veiller à ne jamais répondre à aucune lettre, aucun courriel ou aucune doléance. Quel citoyen lambda d’une ville de notre si joli Royaume a aujourd’hui facilement et immédiatement accès au maire de sa ville ?

Quand on sert ses concitoyens, on s’assure généralement de pouvoir être touchés par ses administrés à tout moment et par tout moyen et naturellement on accuse réception de leurs courriers et on y répond. La distinction est élémentaire, nos élus et nos fonctionnaires pour la plupart ne la font pas. Rappelons-leur qu’il existe une différence importante entre servir et se servir.

Le plus illustre d’entre nous leur a fermement rappelé cette importante distinction le 30 juillet dernier. Puissent-ils tous saisir l’importance de cette royale mise en demeure et agir en conséquence. Et s’ils ne peuvent agir, s’ils pensent qu’il est impossible, illusoire d’améliorer les choses ou s’ils ne veulent pas servir alors qu’ils se démettent et laissent la place à d’autres, à ceux qui veulent agir, qui veulent servir et qui pensent que c’est possible !

Allez à la chasse ou ailleurs mais laissez votre place, de votre plein gré ! Sinon tôt ou tard les citoyens vous la reprendrons ! À votre corps défendant.


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