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Quel marché du livre au Maroc?


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Invités : Mamoune Lahbabi, Écrivain, Guillaume Jobin, Écrivain et éditeur et membre de l’Association des Editeurs Marocains, Abdelkader Retnani, Directeur des Editions La croisée des chemins et Président de l’Union des Editeurs Marocains et Murtada Calamy, Écrivain.

Comment se porte le marché de l’édition littéraire au Maroc et peut-on parler de marché à part entière ? Combien sont-ils aujourd’hui à faire de l’édition du livre littéraire, culturel, un métier à temps plein et pourquoi le font-ils, sachant que le marocain n’est ni un grand lecteur ni un grand acheteur d’ouvrages littéraires ?

Les maisons d’édition au Maroc se comptent sur les doigts de la main. Elles sont d’ailleurs tellement peu nombreuses que parler d’un marché concurrentiel serait un leurre, une utopie. Aujourd’hui sur le marché marocain de l’édition littéraire, il y a de la place pour tout le monde ; tous ceux qui sont là mais aussi tous les autres qui n’y sont pas encore.

Par ailleurs, nous ne pouvons pas nous interroger sur la santé du marché de l’édition littéraire sans nous interroger sur la place de la lecture dans la vie des marocains. Les marocains consacrent deux minutes par jour à la lecture. Voilà le chiffre qui a sonné comme une claque fin 2014, révélé par une enquête nationale du Haut-Commissariat au Plan sur l’emploi du temps des marocains.

Ensuite, éditer qui et pour qui ? Voilà les deux questions que se posent certainement les éditeurs marocains, à juste titre. Car si le lecteur n’est pas au rendez-vous, il existe aussi un dysfonctionnement au tout début de la chaîne. Il est, en effet, un constat qui ne promet pas des jours heureux à l’édition littéraire au Maroc, c’est que souvent, les grands auteurs- écrivains marocains ont tendance à se tourner vers des éditeurs étrangers.

Pour résumer un peu la situation sans vouloir la compliquer ni noircir un tableau déjà objectivement pas très joyeux, nous dirons donc que les grands auteurs marocains se tournent vers les éditeurs étrangers ; du coup, nos éditeurs nationaux – devant quand même faire leur métier – se tournent souvent, et pas toujours bien entendu, vers des auteurs débutants parce que ceux-là aussi, il faut bien les encourager, puis on imprime, on promeut – un peu – et on distribue pour, au final, ne pas vendre beaucoup.

Au Maroc, ce n’est pas uniquement une crise de l’édition, c’est une crise à tous les étages, de l’écriture à la lecture.

Il est toutefois important de souligner que depuis plus d’une dizaine d’années des efforts sont consentis afin de promouvoir les échanges entre les professionnels de l’édition et du livre, encourager les auteurs mais aussi les lecteurs à faire mieux. Des concours, des compétitions littéraires sont organisés annuellement, mais aussi le Salon International de l’Édition et du Livre qui œuvre à la professionnalisation du secteur, à son ouverture et le met en position de comparaison et de concurrence.

L’édition littéraire est-elle rentable ? Comment encourager les éditeurs à encourager les auteurs ? Comment encourager les auteurs à faire confiance aux éditeurs ? Comment soigner les marocains d’une quasi-absence de passion pour le livre ? C’est notre débat cet après-midi dans Avec Ou Sans Parure. Un débat sur la quantité mais aussi et surtout sur la qualité de l’édition littéraire nationale.


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