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Oui, le Front National est un parti fasciste !


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Le nouveau visage du Front National, celui d’une femme, qui a fait de sa blondeur l’apparence de la pureté, éloquente et tranchante, comme un tribun lorsqu’il promet que justice sera faite, cette femme dont le nom est une couleur, passant à travers les braves gens, les saluant comme on salue les siens, comme on promet à des citoyens spoliés qu’on leur rendra, à eux, les vrais… Oui, qu’on va la leur rendre leur fierté, leur dignité, et par-delà, leur vrai pays…

Une France qui n’a, il faut le dire, jamais existé : marque de fabrique du fascisme, donner à croire en une terre première, qui serait le lieu d’une  scène première, celle d’un âge d’or, période antérieure à toutes autres, qui sont forcément celles de la chute, période anté-politique, durant laquelle serait forgée une Identité purissime, qui autorise tous les rêves de renouveau, mais aussi la désignation des ennemis de ce pays, de son peuple trop longtemps oublié. Ce visage, donc, à les réunir tous, les petits, les sans-grades, n’en revêt que plus de sacralité.

Et ainsi, sur la grande scène qui brille de tous ces feux, ce même visage, nouvellement auréolé d’une victoire… Un raz de marée, nous dit-on,  un signe de la nature, partie prenante, elle aussi, – le fascisme aime les éléments -, donc, une victoire, qui serait aussi un signe des temps, tout aussi nouveaux, – neufs, advenus par la volonté d’un peuple qui, comme la terre, ne ment jamais. D’une prophétie des urnes enfin accomplie ! Pour le bonheur de tous ! Mais tout ce nouveau, tout se spectacle de la restauration triomphante, tout cela peut-il faire oublier le vrai visage du Front National ?

Peut-il faire oublier de qui et de quoi ce parti est le nom… Alors, avant de dire de quoi il est le nom, – commençons par dire de qui, il l’est… De Pierre Bousquet, qui se porta volontaire dans la légion SS Charlemagne, Léon Gaultier, ancien professeur d’Histoire, ancien membre de la Waffen SS, Victor Barthélémy, fidèle du collaborateur Jacques Doriot, et François Brigneau, engagé dans la milice. 


Que dire, aussi, de l’intellectuel Jean Madiran, décoré de la Francisque et, de François Duprat, éditeur de la Revue d’histoire du fascisme, et de livres qui n’avaient pour fonction que de minimiser les crimes de l’Allemagne nazie…

Alors, pourquoi, aujourd’hui, évoquer cette horrible généalogie ? Parce qu’il est des victoires qui, – au nom du simple commentaire «après-résultats», se voulant toujours objectif, avec ses décryptages purement techniques, ses schémas en 3D, ses tours de tables de simples débatteurs de chiffres, avec leur côtés sociologie politique experte en tous genres, – Habermas, philosophe, nous avait bien prévenu que la Démocratie finirait avalée par les chiffres – avec toute cette science projective, il se peut bien, il est probable, et même sûr, que l’horrible généalogie du Front National ne soit plus le problème, la question, qu’elle ne soit plus, en somme, d’actualité… Cette chimie qui fit se combiner le fascisme français et le nazisme…

Profitant de la mollesse démocratique et de la confusion des langues politiques que cette mollesse autorise, profitant de l’ère ou tout doit être image – de la fin des idéologies, qui aura fait entrer la politique dans l’ère des simples slogans et des contre-slogans, faisant sienne l’idée qu’un simple nettoyage de façade, que de petits aménagements suffiraient à se faire tolérer par les médias, – et ce fût le cas ! – profitant des tragédies de l’époque, faisant que l’on peut désormais dire tout haut, ce qu’autrefois on pensait tout bas, inventant de nouvelles catégories dangereuses – profitant du chômage et de la précarité…

Profitant surtout, du manque de courage des politiques ou de leur infamie, – faut-il citer un Sarko qui dit, assez fort, pour qu’on l’entende, que le Front National est non seulement démocratique, mais qu’il n’est pas immoral… Adieu Sarko trop narcissique pour ne pas avoir pigé que les copieurs se font toujours prendre ! Des politiques, donc. Soit infâmes, soit lâches, soit à ce point opportunistes qu’ils croient que le vent tourne et qu’il faut, pour le bien de leurs minuscules et médiocres carrières, s’abriter derrière le paravent du fascisme.

Voilà, oui, comment on oublie le nom d’un Parti, que d’aucuns qualifient de démocratique, alors que son nom n’est autre que celui d’un fascisme s’étant trouvé de nouvelles raisons de renaître…

Ces raisons qui sont au fond toujours les mêmes, – l’Etranger, ses manières barbares, inassimilable par nature, – L’Europe, cette horrible mangeuse d’identités nationales, – les intellectuels, toujours aussi loin du peuple, – le peuple, éternel victime, mais qui cette fois, a gagné…

Avec le fascisme, qu’il soit rouge, brun, ou blond, les choses, au fond, ne changent pas beaucoup. Elles n’ont jamais changé. Il reste l’un des noms politiques du Mal radical.


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