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Peut-on s’accorder sur une définition du bonheur?


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Les invités : Meryem Lahlou, Directrice générale de Compétence Plus Maroc, Philippe Beaujean, Consultant formateur et coach, Jean Zaganiaris, Enseignant chercheur en sociologie et Khalil Amr Chraibi, Galeriste et directeur du Centre d’Art l’Usine.

Qu’est-ce que le bonheur ? En voilà une question philosophique qui ne promet pas de trouver réponse franche et définitive au bout de cette heure et demie de débat. Est-ce un sentiment de plaisir, de contentement ou carrément de bonheur que nous éprouverons, nous-mêmes avec nos invités à débattre de la question, et vous à nous écouter ? Peut-être l’un des trois, peut-être les trois à la fois ou peut-être le même sentiment que chacun d’entre nous nommera différemment. Alors malgré la quasi-certitude de ne pas pouvoir, au bout du compte, s’entendre sur une seule et même définition du bonheur, nous en débattons quand même.

Nous n’allons par contre pas nous essayer à la philosophie dans cet édito ; nous en laissons le soin à nos invités. Nous rappellerons seulement que d’autres s’y sont essayé avant eux, et c’est à ce titre qu’il existe plusieurs définitions philosophiques pour le bonheur. Nous ne manquerons pas non plus de préciser que toute cette brochure de définitions philosophiques, si elles sont joliment exprimées dans l’ensemble, avec plus ou moins de certitude pour les uns et un peu plus de réserve pour certains autres, elle ne fait pas trop avancer la question dans le sens d’une seule et unique définition de ce qu’est le bonheur.

Pour Aristote, le bonheur est l’activité conforme à la vertu. Leibniz, lui, estime que le bonheur consiste dans un progrès perpétuel à de nouveaux plaisirs et de nouvelles perfections. Pour Kant, le bonheur est la satisfaction de toutes nos inclinations ; le pouvoir, la richesse, la considération, même la santé ainsi que le bien-être complet et le contentement de son état. Quant à Hegel, il définit le bonheur comme étant un état durable, d’une part un plaisir affectif, d’autre part aussi des circonstances et des moyens qui permettent, à volonté, de provoquer du plaisir. Qu’est-ce que le bonheur ? S’interroge Nietzsche : C’est, dit-il, le sentiment que la puissance croît, qu’une résistance est en voie d’être surmontée. D’autres sont plus réservés et devrions-nous dire plus pessimistes sur l’existence même du bonheur ; comme Schopenhauer  pour qui le bonheur positif et parfait est impossible ; il faut seulement, pense-t-il, s’attendre à un état comparativement moins douloureux.

Nous sommes du coup presque tentés de nous rabattre tout simplement sur la définition générale du dictionnaire. Celle-ci veut que le bonheur soit un état de satisfaction complète, de complétion des désirs, caractérisé par sa plénitude et sa stabilité. Le bonheur, dit la définition, est distinct du plaisir, très éphémère, et de la joie, plus dynamique que le bonheur.

Constatez-vous ici que le bonheur est souvent défini par ce qu’il n’est pas. Le bonheur est souvent décrit par opposition à d’autres sentiments ou états d’esprit comme la joie ou le plaisir qu’il semble plus facile de définir.

S’il est aussi difficile de définir le bonheur, comment alors pourrions-nous le reconnaître si nous venions à le ressentir ? Et puis, si le bonheur s’avère être aussi difficile à définir, permettons-nous l’espoir qu’il soit, tout de même, plus facile à atteindre. D’ailleurs, il parait que la quête du bonheur nous dévie souvent du bonheur. Une jolie citation du poète et écrivain français  Guillaume Apollinaire va en ce sens, disant que de temps en temps, il est bon d’arrêter notre quête de bonheur et d’être tout simplement heureux.

Le bonheur donne du fil à retordre aux philosophes, aux psychologues et aux sociologues. Aux poètes, écrivains, musiciens et autres artistes, le bonheur est la source suprême d’inspiration. Et pour nous autres qui ne nous arrêtons pas forcément sur sa définition, ni n’ayant un quelconque talent artistique pour faire du bonheur une œuvre d’art, le bonheur, à défaut d’être une réalité que nous voyons se concrétiser dans les choses de notre vie, du moins, il nous fait rêver.

Qu’en disent nos invités ? Nous ouvrons le débat.


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