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On ne plaisante pas avec le développement


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Il est quantifiable. On le mesure, et l’on ne compte plus les moyens que nous offre la pensée dite calculante, pour en évaluer les progressions, les régressions… La nécessité, l’urgence, les vertus. De quoi parlons, en vérité ? Du développement. Ce mot clé, essentiel, incontournable. Ce terme quasi-colossal, à partir duquel se sont échafaudés, et continuent de se penser, toutes les stratégies possibles et imaginables qui dictent aux Etats, aux nations, et finalement aux peuples de notre monde, devenu désormais une petite planète, la marche à suivre. Mais aussi, et surtout, les devoirs économiques, sociaux, politiques, à accomplir…

Afin que ce terme, développement, cette gigantesque statue indéboulonnable, puisse demeurer, debout. Pour que ses pieds continuent de s’enfoncer, toujours aussi puissamment, dans le sol de nos quotidiens respectifs, d’humains, enclins, à espérer à chaque fois davantage, de l’idole… Soyons francs, soyons clairs : qui pourrait se risquer, désormais, à contredire, contrarier, ne serait-ce qu’un instant, les propositions de son sacerdoce ?

Car elle a, seule, – l’idole Développement – établi son dogme, imposé sa religion et avec elle, la puissance et le droit de tracer la ligne de partage entre les bons et les mauvais adeptes. Partant de l’idée, généreuse, qu’à terme, tout ce même Monde finira par atteindre, à une pratique conforme… Les grandes religions, on le sait, possèdent ce nécessaire et heureux génie, de l’inclusion, fût-elle tardive !

Une puissance quasi-surnaturelle, donc, le Développement. Et ce, même si, théoriquement, il se veut naturel… Semblable, au fond, à la croissance osseuse, chez l’enfant. À celle des arbres, ou des déserts… Biologique, en somme. Et à terme, simplement durable. Mais lorsqu’il nous fixe, à nous, des objectifs sur le millénaire, ne peut-on dire qu’il excède les propriétés de la Nature et se donne à lui-même les facultés de l’Éternité ?

Pour autant, nous n’allons pas, à cette idole magnifique, à cette puissance magique, à cette dernière grande religion du Bien total, faire un procès… Il est des blasphèmes que nul ne peut pardonner il n’a, – le Développement – comme les dieux jaloux et vindicatifs, que très peu d’humour… Et son châtiment est terrible. Alors ? Mieux vaut baisser la tête, se faire un bon pèlerin, et le meilleur des pénitents… On ne plaisante pas avec le Développement.


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