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Des micro-fascismes du quotidien


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Il y a de ces violences que l’on distille tous les jours, à petite dose et à petit feu, comme pour en atténuer la laideur, à nos proches, mais aussi dans la rue, sur internet, dans les parkings, et même dans les mosquées. Des petits fascismes du quotidien, que l’on déploie à coups de regards haineux, et souvent envieux, à coups de commentaires vomitifs sur les réseaux, et à coups d’incivismes révoltants.

Nous entretenons dans cette démarche mortifère, un rapport barbare et perverti à l’espace public et à l’autre, un rapport de prédation, dans cette tyrannie de l’asphalte qui nous englue et tue en nous toute capacité de révolte et tout courage. Car l’Homme urbain est avant tout un nomade et un déraciné, avec une morale de nomade, en d’autres termes, avec une anti-morale. Car le courage ou l’héroïsme, implique un rapport intime et initiatique au passé, et au futur, cela implique un enracinement.

Ces micro-violences que l’on réserve souvent aux faibles, aux vulnérables, à ceux dont on n’a pas à craindre la riposte, se muent rapidement en couardise et en silence de mort devant une vraie violence, une violence immanente, comme à bord d’un certain bus, à Casablanca. L’incivisme et le ressentiment, constituent ainsi les micro-fascismes du lâche et de l’impuissant, son moment de gloire.

Le « JE », « J, E » qui se déploie par de la méchanceté gratuite, par un stationnement égoïste, par un acte d’incivisme quel qu’il soit, c’est au fond, la négation de tous les autres concitoyens. Chaque acte d’incivisme participe donc, sciemment ou non, d’une logique génocidaire sur le plan des « étants ». Puisque le fascisme, dans une perspective « deleuzienne », c’est quand on crie « vive la mort ! ». Et dans tout acte d’incivisme, on entend le cri : « vive moi ! », « vive moi seul ! », et donc « vive la mort des autres ! ».

Voilà donc la fabrique de la lâcheté, de l’indifférence et de l’apathie qui nous menace, qui menace notre communauté, ou ce qui en reste, et notre humanité. « Un homme ça s’empêche » disait Camus, voilà un aphorisme qu’il revient à nous de méditer dans les décennies à venir.


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