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Islam

« L’Islam est mort, vive l’Islam »


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« Dieu est mort, et nous l’avons tué » disait Nietzsche, grand annonciateur devant l’Éternel du nihilisme post-moderne. Cette phrase crue, tranchante et choquante, à laquelle les oreilles des croyants musulmans ne sont pas habituées, et à juste titre, en dit long sur une dynamique historique occidentale que l’on qualifiera de « modernité », et qui ne semble pas épargner l’Islam, qui à travers une fausse dynamique, affiche un renouveau trompeur.

Entre des mosquées remplies comme jamais durant le Ramadan, des femmes de plus en plus voilées et des hommes de plus en plus barbus, l’Islam se porte à merveille, comme nous l’affirment les pharisiens du Salafisme, les iconoclastes des temps modernes. Et que à coté, le monde musulman deviennent de plus en plus injuste, individualiste, corrompu et violent, cela importe peu. Quant au pseudo-djihadisme Salafo-wahabite, loin d’être un épiphénomène comme semble s’en convaincre bon nombre d’experts et bon nombre de musulmans, cette ultra-violence physique et surtout symbolique, traduit une crise existentielle profonde, symptomatique d’une profonde mutation du paradigme existentielle dans le monde musulman.

L’occident chrétien a eu aussi son Wahhabisme et son DAESH et par deux fois, au moins. La première avec ces protestants calvinistes, qui au nom de la restauration de la pureté des premières communautés chrétiennes, brisèrent ce qu’ils qualifiaient d’idoles païennes les icones et les statuts de la Vierge Marie, en se jurant de mettre fin aux cultes des saints, ce qui n’est pas sans rappeler ce que fit DAESH et AQMI dans les musées à Ninive, à Palmyre et à Tombouctou.

L’effondrement des croyances religieuses en occident avaient ouvert au XXème siècle la voie aux idéologies totalitaires (communisme, Nazisme, Fascisme), dont il était attendu de remplir un vide existentiel et de répondre à une profonde angoisse existentielle, en donnant aux peuples la possibilité de prendre leur destin en main. Car en disant « Dieu est mort », Nietzsche poursuit et se demande si nous ne sommes pas forcés de devenir nous même des dieux. Et c’est la le rôle de l’idéologie que de donner aux peuples humiliés, impuissants et opprimés, l’illusion de porter une mission prométhéenne et eschatologique.

Et c’est là où le « néo-salafisme », loin d’être une simple école de l’Islam, se propose face à la faillite du pan-arabisme et du socialisme arabe comme une idéologie de substitution, avec l’Idée de « Peuple Dieu », puisque loin de vouloir se plier à la volonté du Divin, le Salafiste, dans un schéma aliénatoire, entend incarner Dieu en s’arrogeant ses prérogatives, et donc de le remplacer. Ce que le début du Verset 23 de la Sourate 45 relate merveilleusement en disant : « Vois-tu celui qui prend sa passion pour sa propre divinité? Et Allah l’égare sciemment  et scelle son ouïe et son cœur et étend un voile sur sa vue. ».

Cependant, le néo-Salafisme qui n’est qu’un palliatif idéologique et le dernier « Baroud » d’un système de croyances en déliquescence, n’a été rendu possible que parce que la « modernité », en atomisant les individus, en désintégrant les structures sociales traditionnelles et en rendant obsolète les médiations religieuses et les corps intermédiaires, a ouvert la voie à l’agonie progressive des islams traditionnelles ouvrant la voie à un nihilisme dont on paye tous aujourd’hui le prix fort, et dont la relève sera finalement prise par la religion de la marchandise et le fétichisme marchand. Dieu l’éternel, le vivant, ne meurt pas, par contre l’idée de Dieu, meurt très certainement dans nos cœur. À nous de redécouvrir la lumière de Dieu, individuellement, à défaut de pouvoir le faire collectivement.


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