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Éducation nationale

Éducation nationale : la planification, chaînon manquant?


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Éducation nationale

Les invités : Khalid Chenguiti, Spécialiste Education et chef du pôle éducation à l’Unicef Maroc, Touhami Benjeddi, Membre du Bureau National de l’Association Marocaine des Enseignants de Français  et ancien inspecteur pédagogique de l’enseignement secondaire, Nasreddine Lhafi, Ancien directeur de l’Académie Régionale de l’Education et de la Formation du Grand Casablanca et Abdellah Kaawach, Membre de la Fédération Démocratique du Travail

L’école publique affiche un manque de 12.000 enseignants. Il y a donc cette année des classes vides, beaucoup de classes vides. Et des classes surpeuplées, et c’est peu dire. Car cette année les élèves du primaire au lycée ont bien intérêt à avoir le sens du partage ; ils seront, pour certains, pas moins de 60 dans la même classe. Mais comment en est-on arrivé là?

Et bien le processus de destruction a été long mais déterminé. Entamé depuis bien des années, doucement mais sûrement, et faisant fi de tous les constats alarmants faisant état d’année en année, d’une école publique en agonie.

Les conditions catastrophiques et très honteuses dans lesquelles les élèves de l’école publique entrent en classe cette année, est bien plus qu’un accident. C’est, sommes-nous tentés de croire, un acte délibéré et, à ce titre, impardonnable.

Laissons parler les chiffres. 210 367 enseignants pour un peu plus de 6 951 000 élèves. Le déficit est criant. Mais où sont-ils passés, les enseignants?

Certains sont partis à la retraite en ayant atteint l’âge légal. Normal. Beaucoup d’autres ont été autorisés à des départs en retraite anticipée. C’est un peu moins normal au vu de la situation. Mais là où l’échelle de l’anomalie n’a plus d’unité de mesure qui soit à la hauteur de la situation, c’est que des mesures n’aient pas été prises en amont afin de combler le manque, et éviter ainsi l’échec annoncé et quasi-assuré d’une année scolaire qui démarre à peine.

La liste des victimes d’un système d’éducation nationale destructeur ne cesse donc de s’allonger. Le système a aussi engendré une autre génération d’enseignants qui, ayant tiré les leçons de la situation de leurs aînés et ne voulant surtout pas refaire la même expérience, choisissent un départ anticipé à la retraite, offrant à l’enseignement privé une offre abondante de jeunes enseignants de diverses spécialités. Le système est enfin en train de poursuivre son œuvre d’abrutissement de génération d’enfants dont les parents n’ont de choix que l’école publique. Comment, alors, venir défendre des stratégies pour lutter contre la déperdition scolaire? Comment prétendre sans sourciller, avoir les clés pour lutter contre le chômage? Comment, enfin, oser philosopher sur une société devenue ciel de tous les contrastes, une société fermée, individualiste et refusant de permettre une quelconque forme de mixité sociale.

L’école, censée aider à combattre les malheurs d’une société, devient un des malheurs de notre société. La clé c’est l’école, et l’école a démissionné.

Où va ce qu’il reste de l’école publique? Que veut faire le Maroc de son école publique? Le Maroc veut-il encore une école publique? Qui gère l’école publique? Quel rôle et quelle responsabilité pour le ministère? Que fait le Conseil Supérieur de l’Education? Où en est-on de la vision stratégique pour la réforme de l’Ecole marocaine 2015-2030?

C’est le débat que nous ouvrons cet après-midi avec nos invités dans Avec Ou Sans Parure.


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