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droits de l’Homme

De l’idéologie des droits de l’Homme à « la guerre sans l’aimer »


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En France, en 1789, a été adoptée la célèbre déclaration des droits de l’Homme et du citoyen. Cette charmante et généreuse déclaration qui justifiera un bain de sang, celui de la terreur et du massacre vendéen, s’autoproclame universelle, naturelle, inaliénable et laïque. Et pour une déclaration qui se veut laïque et profane, je souhaiterais juste qu’on m’explique les quelques symboles ésotériques, pas très catholiques et pas très laïcs non plus, qui trônent au-dessus de la dite déclaration.

L’idée philosophique centrale qui sous-tend la déclaration, est qu’il est vital de désintégrer la société traditionnelle occidentale, ainsi que ses piliers (la religion catholique, les corporations, les guildes, les schémas traditionnels de solidarité, en d’autres termes les identités collectives) afin d’émanciper l’individu et de le faire émerger en tant que sujet autoréférentiel, laïc, et déraciné. Et poussée jusqu’au bout, cette logique amène à l’idée d’émanciper les individus même de la famille et du genre. C’est une conception libérale de l’Homme qui prépare le terrain à un libéralisme économique, politique et sociétal décomplexé.

Donc aujourd’hui, pour être moderne, pour être cool et dans l’ère du temps, il faut être sans nation (citoyen du monde nous dit-on), sans religion car c’est un ensemble de fables et de mythes, sans communauté et être soit bisexuel soit gay, pour bien démontrer qu’on est émancipé du paradigme traditionnel de la sexualité. Il faut donc être un être déraciné et éthéré. En d’autres termes, un bon consommateur aliénable et docile.

Et lorsque la Vendée a osé refuser ce déracinement, ces charmants droit-de-l’hommistes révolutionnaires, n’ont pas hésité à commettre un génocide au sens littéral du terme, exécuté par des fanatiques, au nom d’une métaphysique qui ne dit pas son nom et qui cache bien son jeu. Mais ça devait probablement être un génocide humanitaire.

Et comme Dieu n’existe pas dans ce paradigme, nul besoin de prêtres alors. Et comme tous les gens sont égaux, plus de place pour l’aristocratie qu’il s’agit désormais de décapiter au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Et puisqu’il est question des droits de l’Homme avec un grand « H », et pas du citoyen français, pourquoi ne pas aller embêter les voisins qui n’ont rien demandé, à coup de guerres napoléoniennes, pour porter la bonne parole des droits de l’Homme.

C’est ainsi qu’au fondement du racisme de l’élite occidentale de ces deux derniers siècles, que je distingue clairement des peuples occidentaux qui n’y sont pour rien, se trouvent les droits de l’Homme. Car la modernité occidentale, caractérisée par une conception linéaire et vectorielle du temps, et fondée sur le mythe prométhéen du progrès, voit dans les droits de l’homme l’aboutissement, l’acmé, et l’accomplissement de la civilisation, dans une perspective téléologique de l’humanité.

Avec ce prisme, tout peuple loin de cette merveille, est considéré comme un peuple arriéré, archaïque, barbare et hors de l’histoire comme dirait l’autre, et qu’il faut par conséquent dans un élan altruiste et fraternel, aller civiliser ces barbares qui courent en slip dans les forêts africaines, ou ces barbus enturbannés qui lapident leurs épouses matin et soir, et au passage, se faire un petit billet en mettant en place des schémas de pillage économique.

Ça va de la colonisation du 19ème siècle avec Jules Ferry, aux guerres dites humanitaires contemporaines, avec un Etat profond américain qui met à feu et à sang le Moyen-Orient au nom de la démocratie et de la liberté, et un BHL avec sa « guerre sans l’aimer », et le chaos libyen qu’il a voulu, et obtenu. Oui, mais il faut bien comprendre que ce sont des guerres humanitaires, avec des bombardements humanitaires, des bombes humanitaires et des cadavres humanitaires, ce n’est pas la même chose que la vraie guerre nous explique-t-on.

Ainsi, sur un plan géopolitique l’idéologie des droits de l’Homme sert de substrat conceptuel et d’argumentaire juridique pour une politique d’ingérence humanitaire, en réalité d’ingérence tout court, et la négation des souverainetés nationales. D’où le fait que la multipolarité au niveau géopolitique réclamée par les souverainistes, c’est  également et implicitement la réclamation d’une multipolarité anthropologique, au sens du respect de la nature plurielle de l’humanité. Car chaque culture, établie avec sa propre tradition, imaginaire et épistémè un rapport particulier à la vie, à la mort, à la justice, au temps qui peut être linéaire ou cyclique, à l’espace qui peut être sacré ou profane.

Et dans le paradigme droit-de-l’hommiste, l’étendue par exemple, n’est pensée que comme une propriété privée effective ou potentielle dans une vision patrimoniale, puisque l’article 17 de la dite déclaration stipule : « La propriété étant un droit inviolable et sacré ». Un droit qui ne concerne bien entendu qu’une certaine partie de l’humanité, celle qui possède un patrimoine. Ainsi, l’inégalité des fortunes n’est naturellement pas stigmatisée.

De même, dans certaines cultures, on ne peut séparer l’homme du groupe, car le groupe transcende et vit à travers les individus qui le compose, et ces individus vivent à travers le groupe. Il y a donc au final autant de représentations de l’Homme qu’il y a de cultures sur cette terre. Nier cette réalité par un universalisme idéologique et un droit-de-l’hommisme dogmatique, mène là pour le coup effectivement à un choc des civilisations. La dissémination progressive de cette idéologie dans un pays donné, a donc pour conséquence immédiate de miner et de saper la souveraineté de l’Etat, le référentiel moral de la Nation, et la prééminence juridique du droit national.

Et contrairement au concept bancal d’Homme universelle et de droits naturels, la citoyenneté en tant que concept juridique est plurielle, et change en fonction de la philosophie ou de la nature du droit et du substrat anthropologique dans telle ou telle culture. Ainsi, il existe un droit coutumier, un droit clanique, un droit laïc, un droit religieux, et des droits syncrétiques. Ainsi l’Homme, est une construction civilisationnelle, qu’il revient à chaque civilisation de définir et de construire selon son propre socle de valeurs, mais sans pour autant l’imposer à d’autres peuples et nations qui ne nous ont rien demandé.


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