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De la froideur de la lettre à la magie du symbole


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Nous y voilà, à la fin tant redoutée par beaucoup de l’été et des vacances, du moins pour ceux qui ont eu la chance d’en avoir, annonçant un douloureux retour à la tyrannie de l’asphalte, en ce début du 7ème mois de l’année. Car oui, septembre chez les anciens n’est pas le neuvième mois, puisqu’il est « septa », et qu’octobre est « octa » et que novembre est « novem ».

Le chiffre sept, un chiffre magique dans bien des traditions. C’est donc un bon mois pour un nouveau départ, un mois magique pour ré-enchanter notre quotidien. Car notre monde, vous l’aurez remarqué manque de mythes, de magie et d’enchantement. Et contrairement au stéréotype, les contes et les mythes, ne servent pas à endormir les enfants, mais à éveiller les adultes. Car vous l’aurez sans doute remarqué, le choc de la modernité a dépouillé le monde de son continuum mystique, tandis que dans la représentation primordiale de l’Homme et du monde, les choses n’étaient pas séparées par des voiles ou des frontières.

Cette fusion affective, numineuse et magique avec la nature, les éléments, les rivières, les pierres, les arbres, les fleurs, et qui ne continue d’exister qu’à travers le rêve, ultime exutoire d’une magie toujours enfouie en nous, n’a plus droit au chapitre au niveau conscient, puisqu’aujourd’hui la pierre n’est qu’une pierre, et la rivière n’est qu’une rivière, et en dire autre chose n’est que superstition.

Puisque la raison, ce « mythe » schyzomorphe, ne s’exprime qu’en séparant, en classifiant et en quantifiant. Et ce qui sépare, se dit littéralement en grec « diabolos ». Mais tandis que le « diabole » sépare, le « symbole » réunit. Le symbole, en tant que « médium existentiel » permet à qui s’y aventure, d’établir un lien avec le monde lumineux des « archétypes » et de l’imaginaire. Mais le « symbole » est une structure vivante et ambivalente, que l’on ne peut appréhender qu’à travers les différents agencements dans lesquelles il s’inscrit.

Prenons l’exemple, certes occidental mais néanmoins illustratif de la nature vivante des symboles, celui de la croix chrétienne. Une simple croix dessinée sur une feuille blanche évoquera dans l’esprit d’un chrétien lambda et en fonction de sa personnalité et de sa culture tantôt la nature de Dieu, tantôt les calvaires du Christ et le rachat des péchés de l’humanité, ou encore un fétiche protecteur. Mais mis immédiatement après un nom, la croix désigne la mort d’une personne. Enfin une croix mise à l’envers désignera l’antéchrist, le démon, et l’inversion des valeurs. Et pour un athée, cette même croix évoquera le moyen-âge, l’obscurantisme et l’inquisition.

Il en va de même pour la main de « Fatma », pour le « Pentagramme », la croix gammée et pour tout autre symbole. Ainsi, le symbole, loin de la froideur de la raison, ou encore du littéralisme dogmatique, permet par sa subtilité et sa dimension « numineuse » d’accéder à un champ d’existence, capable d’illuminer notre vie et de retrouver un équilibre psychique qui nous fait de plus en plus défaut.

Et la décomposition morale et spirituelle que traverse actuellement notre société et qui donne lieu à une misère intérieure profonde et à une angoisse existentielle ne peut trouver de remède dans la pratique rituelle, littérale et sèche de notre dimension religieuse. Car les rites sans spiritualité et sans leur dimension symbolique, n’ont pas plus d’effet sur notre âme, que les caresses du vent n’en ont sur un rocher.

La magie c’est quand l’âme agit, et le langage de l’âme est celui des symboles et des mythes. Et le mythe, qui procède du grec ancien « muthos » qui lui-même procède de l’indo-européen « mewdh », ne désigne pas une fable ou une légende mais signifie littéralement le fait « penser » par la médiation des « images », des « allégories » et des « symboles ».

Au final, tout est une question de prisme et de perspective. Et réapprendre le langage des symboles, c’est-à-dire celui de l’âme, c’est le premier pas vers un ré-enchantement de notre monde et de notre quotidien, avec pour quête ultime ce bonheur fuyant dont on a perdu la clé. Et souvenez-nous que le « bonheur » c’est à la « bonne heure », et la « bonne heure » ça peut aussi être ici et maintenant.


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