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Burqa

Burqa ou talons aiguilles : même combat ?


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Nous venons d’interdire la confection et la commercialisation de la burqa.

Il n’y aura donc plus de burqa made in Morocco. Notre économie ne devrait toutefois pas trop en souffrir et l’interdiction n’a eu aucun effet sur le cours du MASI.

Aucun impact donc sur notre glorieuse économie ni sur la vie des marocaines dont le statut de citoyennes de seconde zone ne devrait pas être affecté puisque si la confection et la commercialisation de la burqa sont interdites, son port n’est lui pas prohibé. N’est-ce pas qu’un simple vêtement après tout ?

Non, c’est bien plus que cela. Il s’agit en réalité et avant tout d’un enjeu qui concerne l’égalité des sexes.

Beaucoup présentent le voile intégral comme un simple morceau de tissu, ce que de toute évidence, il n’est pas, de même que les talons aiguille ne sont pas de simples chaussures.

Ils sont bien plus que cela et ils disent beaucoup plus que cela. Ils disent principalement l’inégalité criante entre hommes et femmes, la monstrueuse domination des premiers sur les secondes.

Qu’il s’agisse des talons hauts, avec la réduction de la mobilité et du confort qu’ils entraînent, ou de la burqa, qui limite la visibilité, la mobilité et le confort, ils disent clairement que pour être acceptées des hommes, les femmes doivent adopter une posture spécifique rappelant la place qui doit être la leur dans la société concernée.

Qu’il s’agisse pour la burqa de la prétendue préservation d’une pudeur non exigée des hommes ou pour les talons aiguille de la disponibilité sexuelle, également non exigée des hommes, ces vêtements ne sont rien d’autre que la réaffirmation de l’inégalité entre hommes et femmes.

Cet implacable sexisme transpire tout autant des vêtements non occidentaux, tels le voile ou la burqa, et de leurs équivalents occidentaux que sont les talons aiguille ou les corsets.

Rappelons ici les termes de l’ordonnance du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) : « toute femme désirant s’habiller en homme (en l’espèce porter un pantalon) doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l’autorisation et que celle-ci ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé ».

En réalité, aucun vêtement ne devrait être interdit. Interdire un vêtement est aussi aberrant que de l’imposer. Parce que l’État n’a tout simplement pas à intervenir dans les questions religieuses, dans les convictions individuelles : c’est là l’une des libertés fondamentales.

En revanche, le sexisme et les persistantes inégalités juridiques et factuelles entre hommes et femmes devraient être interdites et mises à l’index. Et c’est ce combat que l’État doit mener, de toutes ses forces, par tous ses moyens.

Éduquez nos fils et nos filles, apprenez leur qu’ils sont égaux, affirmez et rendez effective cette égalité et il ne sera alors plus nécessaire d’interdire quelque vêtement que ce soit.


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