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Sommes-nous dignes de nos ancêtres ?


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Nous sommes tombés bas, très bas. Qui osera dire le contraire ?

Nous lynchons le premier qui trébuche d’entre nous, au lieu de lui tendre la main pour l’aider à se relever.

Nous sommes devenus individualistes, égoïstes, insensibles à notre prochain.

Nous voyons la paille qu’il y a dans l’œil de notre prochain, mais nous ne voyons pas la poutre qu’il y a dans le notre.

Nous méconnaissons notre histoire et nous n’honorons pas nos ancêtres.

Nous prétendons aimer ce pays et cette terre, mais nous n’hésitons pas à la première occasion à la piller et à la souiller.

Nous avons fait de la calomnie et de la médisance un sport national.

Nous pleurons l’Andalousie perdue alors que c’est le Maroc que l’on devrait pleurer.

Nous sommes un navire qui ignore vers quel port il navigue, par conséquent, aucun vent ne peut nous être favorable.

Nous sommes également ce corbeau, qui voulant imiter la démarche de la colombe, du coup a oublié sa propre démarche.

Oui, je suis dur avec nous-mêmes, et on se doit de l’être en temps de crise et de décadence.

On se souvient d’une époque où le riche cachait sa richesse par pudeur, et le pauvre sa misère par dignité.

Une époque où nous respections les aînés.

D’une époque où l’on était compréhensif avec le fautif repenti, mais intransigeants devant l’injustice, tolérants devant l’altérité mais fermes devant la débauche.

C’est ce Maroc que nos ancêtres nous ont légué.

La décadence dont je parle couvre un large spectre. Elle comprend aussi bien nos « pharisiens » et « marchands du temple » qui prétendent détenir les clés du paradis, et qui cherchent à créer des schismes en divisant notre peuple entre pieux et impies, entre bon croyants et mauvais croyants. Mais aussi nos libertaires porteurs d’un nihilisme certain, pour qui, si Dieu n’existe pas alors tout est permis.

L’ultralibéralisme économique et sociétal qui pollue de plus en plus nos esprits, nie catégoriquement la valeur et l’identité de notre peuple, tandis que le radicalisme religieux, entend atrophier et assécher notre profondeur spirituelle, comme on assèche un puits. Enfin, l’urbanisation exacerbée n’a de cesse de nous déraciner. C’est la tyrannie de l’asphalte.

Il s’agit donc de bien conceptualiser ce qui nous est hostile.

Mais Dieu merci, nous sommes également capables du meilleur. Combien de fois a-t-on vu des frères et sœurs se dévouer corps et âme à aider ceux qui sont dans le besoin, ceux qui peuplent nos rues dans le froid pénétrant de ce mois de janvier. Ce sont ceux-là qui aiment Dieu à travers leur amour de l’Homme.

Mais je le redis avec une profonde amertume, ces gens sont l’alibi du peuple marocain.

Alors, il ne s’agit pas de se faire pousser une barbe et d’acheter un siwak, ou de mette un hijab ou un niqab. Non, Dieu n’a que faire de notre barbe ou d’un bout de tissu, le peuple non plus.  Ce qu’il nous faut, c’est une vraie métamorphose spirituelle et morale. C’est un retour à la source, aux valeurs ancestrales et à la profondeur spirituelle de nos maîtres gnostiques tels qu’Ibn Arabi, Abou lHassan al Chadili, Abdeslam Ben Mchich Al Alami, Fâtima Bint Abi al Muthana  et tant d’autres. Ou encore à nos virtuoses du Logos tel qu’Ibn Rochd et Ibn Tufayl.

C’est l’esprit aristocratique du « marocain authentique » que j’invoque. « Authentique » non par ses gênes mais par ses principes, son enracinement et sa rectitude.

En attendant, nous sommes indignes de nos ancêtres.


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