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Code de la Presse

Projet du Code de la Presse et de l’édition : Quelles nouveautés ?


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Code de la Presse

Invités : Saad Loudiyi, Chef du cabinet du ministre de la communication, Younes Moujahid, Secrétaire Général du Syndicat National de la Presse Marocaine, Aziz Boucetta, chroniqueur Luxe Radio chargé des questions politiques et Mohamed Haitami, Membre du Bureau de la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux

La presse attend toujours son nouveau Code, dont tout porte à croire qu’il s’élabore dans la douleur. À ce stade, s’il est difficile d’avoir des certitudes sur le contenu exact du projet de Code de la Presse qui a été présenté à la Chambre des Représentants, deux choses sont toutefois sûres : la première est que le ministre de la communication veut ce nouveau code de la presse, et la deuxième c’est que les professionnels du secteur ne veulent pas tous d’un nouveau Code de la Presse tel qu’il est projeté et élaboré par le ministère.

D’ailleurs, le projet du Code de la Presse n’aurait pas été élaboré par le ministère de la Communication, non. Le ministre ne veut pas qu’on l’accuse de démarche unilatérale. Le projet du code de la presse est le fruit, dit le ministre, non seulement d’une expertise très développée, établie notamment par le Conseil national des droits de l’homme, l’UNESCO et Reporters sans frontières, mais c’est aussi, dit-il toujours, le fruit d’une collaboration étroite avec les professionnels du secteur, et paraît-il que tout ce sur quoi ils se sont mis d’accord avec le ministère a été intégré dans le projet de loi. Eux qui critiquent aujourd’hui fortement le projet du nouveau code de la presse, ne seraient-ils pas armés, dans cela, par beaucoup de préjugés et un peu de mauvaise foi…

Si le détail du projet du Code de la Presse ne nous est, pour le moment, pas accessible – sans doute dans un souci de maintien de suspens pour un meilleur effet de surprise au moment de son adoption finale-, le ministre de la communication, lui, nous en parle et il n’en dit que du bien. Surtout lorsqu’il parle des engagements qu’il a tenus à respecter dans l’élaboration de ce projet de Code.

Déjà le premier engagement nous fait souffler un grand ouf de soulagement, puisqu’il s’agit de ne pas revenir sur les acquis du Maroc en matière de liberté de la presse. Le deuxième engagement fait rêver même ceux d’entre nous qui sont les plus réticents à croire que les rêves peuvent devenir réalité, puisqu’il s’agit de considérer que ce qui figure dans la Constitution n’est pas le maximum que l’on puisse offrir, mais un minimum sur lequel on se base pour aller de l’avant. Le troisième engagement, lui, a de quoi faire grimper le Maroc dans tous les classements mondiaux, puisqu’il s’agit de l’obligation de respecter toutes les conventions et tous les engagements internationaux du Maroc. Et puis le quatrième qui, par contre, est déjà perdu d’avance puisqu’il s’agit de satisfaire les demandes et les attentes des professionnels du secteur.

Par ailleurs, et ce ne sont sans doute que des détails malsains – puisque, nous le savons, le diable se niche dans les détails-, le projet du nouveau Code de la Presse est critiqué pour contenir quelques contradictions et quelques flous. Comme l’absence d’une définition exacte de ce qu’est un contenu pornographique, comme aussi l’interdiction de porter atteinte à la religion musulmane sans préciser, comme le fait la Constitution, qu’il s’agit de l’atteinte à la religion musulmane « modérée », comme aussi, l’obligation pour les médias de publier leurs grilles tarifaires qui contrairement à ce qui est reproché au ministre, ne voudrait aucunement imposer aux médias de maintenir une seule grille tarifaire, mais simplement assurer la transparence dans le secteur…

Bref, un Code de la presse qui n’en est, fort heureusement diront certains, qu’à son stade de projet, qui part visiblement de beaucoup de bonnes intentions, mais Oscar Wilde avait finalement bien raison, ce sont toujours les meilleurs intentions qui produisent les pires effets. Il était convaincu, au 18ème siècle déjà, que cela ne manque jamais de survenir quand nous nous sommes contentés d’estimations qui ne tenaient pas compte des possibles effets boomerang…


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