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Benkirane

Mais où donc est passé Abdelilah Benkirane ?


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Benkirane

Avec ce qui se produit aujourd’hui en Afrique, de l’adhésion du Maroc à l’Union Africaine à la demande d’entrée au sein de la CÉDÉAO, en passant par le coup de maître de Guergarate, on a plutôt tendance à oublier le pauvre et brave M. Benkirane.

Où en est-il, d’ailleurs, de son fameux gouvernement, que l’on n’attend plus, ou si peu ? On l’avait laissé aux prises avec Aziz Akhannouch qui insiste pour intégrer au gouvernement, en plus de l’UC, l’USFP. Et bien évidemment la majorité sortante. Et depuis, on a perdu Ssi Benkirane en cours de route, en proie au doute…

Prolégomènes… Nous sommes en août 2016. Benkirane exulte et il n’a pas le triomphe modeste. Il est sûr de sa victoire, et il s’en ouvre à la presse étrangère. Il va même jusqu’à prendre des postures de chef d’Etat, lui qui n’est que chef de gouvernement. Il prend sur lui de faire du sarcasme sur des avertissements royaux et pousse le défi jusqu’à faire dire des choses par ses hommes-lige sur le cabinet royal. Il parle tahakkoum, il cause démocratie, il joue au parrain, même sans le talent d’Al Pacino. Et, de fait, le 7 octobre, son parti, le PJD est déclaré premier au scrutin, ce qui le qualifie pour conduire le gouvernement. Le roi Mohammed VI joue le jeu et le nomme immédiatement à la tête de ce  gouvernement qu’il est chargé de former. Et depuis, on attend…

Le problème est dans la définition, la posture, l’imposture et la forfaiture…

La définition. Le PJD est premier, mais pas vainqueur. Aux termes de la Constitution, article 88-4, le vainqueur est le parti qui aurait obtenu la majorité absolue des membres de la Chambre des représentants.

De là, découle la posture, celle d’un vainqueur autoproclamé qui veut soumettre les autres, tous les autres. D’où l’imposture.

Quant à la forfaiture, elle consiste à parler copieusement de putsch contre la démocratie, à laisser planer la menace du peuple révolté investissant les rues et les boulevards des grandes et des moins grandes villes. La forfaiture, c’est aussi lâcher ses sbires et autres tristes sires sur les futurs partenaires, qui auront eu l’outrecuidance de former des exigences et de poser des conditions à toute alliance. Ainsi, Laenser est du n’importe quoi, Akhannouch est n’importe qui, Sajid est n’importe comment, et Chabat importe peu. Ce qui est vrai, pour le cas de ce dernier.

Nous en sommes aujourd’hui à près de cinq mois après la nomination de Benkirane comme chef du gouvernement chargé de désigner ses ministres. 1,6 million de Marocains qui ont voté pour le PJD ne peuvent bloquer, entraver l’action d’un pays, pour le bon plaisir de M. Benkirane.

1,6 million de Marocains, c’est 6,5% des gens en âge de voter, c’est aussi 9% du corps électoral inscrit sur les listes du même nom, et c’est aussi et surtout le cinquième des citoyens ayant exprimé leur vote dans les bureaux de vote.

Pendant que le Maroc agit sur la scène internationale, qu’il réagit à toutes les attaques dont il fait l’objet d’ici et de là, qu’il contracte des alliances et défend son intégrité territoriale à l’ONU et ailleurs, M. Benkirane boude chez lui. On le voit très souvent jouer la star dans des funérailles, faire le charmeur à des baptêmes, et on l’entend aussi quelques fois commenter l’indigente actualité politique.

Pendant ce temps-là, tous les partenariats signés sous les yeux du chef de l’Etat et de ses homologues extérieurs peuvent être frappés d’illégalité car aux termes de la loi organique sur le gouvernement, en son article 37-2, un gouvernement d’affaires courantes ne peut prendre une décision engageant durablement le futur gouvernement.

Et entretemps, où est M. Benkirane ? La réponse est simple : le chef du gouvernement désigné joue au papy chez lui, un papy qui veut faire de la résistance…


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