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Médias : comment la culpabilisation des foules génère à son tour la haine et la radicalité


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Les invités

• Driss Ksikes, écrivain chercheur en médias et culture

• Imane Bouhrara, rédacteur en chef adjoint Finances News Hebdo

• Abdelkhalek Zyne, dirigeant fondateur d’Equity Agence Digitale

• Rachid Achachi, chroniqueur aux Matins Luxe

Édito

Une couverture de magazine qui associe le terrorisme à une nationalité; la nationalité marocaine. Si l’objectif était de faire le buzz et de susciter la polémique, l’objectif est clairement largement atteint. Terrorisme : Born in Morocco. En titrant ainsi sa Une, Jeune Afrique s’est certes offert une visibilité rêvée dans les médias, mais le magazine s’est attiré, par la même occasion, la colère des lecteurs et des internautes.

En effet, le lien établi entre terrorisme et marocanité est jugé pour le moins incompréhensible, s’il n’est pas simple, simpliste et tout à fait grossier, cachant peut-être, et sans doute, une profonde méconnaissance des sources d’un mal qui ronge le monde de l’intérieur, soit le terrorisme.

Nous vivons dans un monde en mal de valeurs, en mal de tolérance et d’ouverture. Un monde où le terrorisme a réussi son objectif premier; celui de semer la terreur et la méfiance. Nous vivons dans un monde où l’on ne peut contrer le terrorisme que si l’on s’attaquait à sa source. S’attarder sur ses conséquences plongerait les sociétés de tous bords dans l’autodestruction. Et le terrorisme veut détruire.

Le terrorisme veut détruire les femmes, les hommes, les enfants. Il veut détruire la société et ses valeurs et ceux qui portent ces valeurs. Ceux-là même qui restent debout et solidaires les uns des autres. Ceux-là même qui veulent qu’on reconstruise ensemble un monde meilleur. Ceux-là mêmes qui savent que pour ce faire, il faut, d’abord, faire en sorte à ne pas se tromper d’ennemi.

Dans ce sens, les médias ont un rôle majeur qui ne semble pas être compris de tous. Il est évident que si beaucoup de médias et de journalistes, à travers le monde, ont réussi à contourner le piège des terroristes, beaucoup d’autres sont, malheureusement, tombés en plein dedans. À ceux-là, nous lançons un appel à opérer un travail d’introspection; les temps sont durs et l’Histoire ne leur pardonnera pas de s’être, un temps, trompé de mission.

On ne naît pas terroriste, on le devient. Par une frustration profonde, par une illusion de jeunesse, par une erreur d’appréciation, par un manque d’encadrement, par un désespoir ou une déception profonde. À chaque instant, partout dans le monde et par des trajectoires diverses, une personne devient terroriste. Si les causes ne sont en rien pardonnables, elles sont toutes explicables.

Arrêter des terroristes est primordial, mais faire en sorte à ce que nos sociétés ne fabriquent plus de terroristes l’est encore tout autant, cela est primordial. Non, on ne devient pas terroriste par son pays de naissance. Même qu’exposer la question en ces termes, c’est l’assurance de baigner dans l’éternelle incompréhension. OR, on ne peut prétendre éclairer et aider à comprendre quand on est soi-même dans l’incompréhension et qu’on contribue à la propager.

Quel rôle pour les médias dans la lutte antiterroriste? C’est le débat que nous ouvrons avec nos invités cet après-midi dans Avec Ou Sans Parure.


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