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L’Orchestre de Minuit, ce film qui roule comme un taxi!


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L’Orchestre de Minuit, c’est le titre du nouveau film de Jérôme Cohen.

Et que raconte ce film ? Bien sûr qu’il est question d’une histoire… Bien sûr, un scénario qui démarre sur un… Archétype… Le retour, au pays, de l’enfant… Peut-être pas prodigue, peut-être un peu prodige – tonalité du paysage scénarique presqu’un peu banale…

Ce jeune homme qui rentre, est lui, le fils, d’un génie – une voix nationale, celle du grand Botbol… D’ailleurs, ce nom, étrangement, mais non, pas si étrange que ça, dans ces affaires de fils qui revient sur les terres du père,… Ce nom, est amputé…

De ces amputations qui passent par le rajout d’une lettre… Ah, les Lettres, – les lettres et les pères, – là aussi, vieille histoire, on pense, bien sûr, à Kafka, et à cette Lettre au Père, écrite, mais jamais envoyée ! Alors que dans l’Orchestre de minuit, l’envoi, lui, est réel… Mais c’est le fils que le père envoi sur les traces d’une vie, d’un mystère…

Ce mystère, c’est celui d’un orchestre qui fût, en son temps, le plus grand, le plus aimé, le plus fêté, et qui va éclater, laissant derrière lui des fils, à retrouver…Ce mystère, c’est la vie enfouie qu’un père laisse à un fils, comme un héritage inacceptable, mais interdit à refuser !

Mais là encore, les choses sont trop simples. Car cette trame, invisible faite de liens à retisser, entre un passé qui ne demande qu’à se faire connaître – le pourquoi de la dissolution d’un orchestre, le pourquoi d’un départ, le pourquoi et le comment d’une déchirure…

Tout cela, au fond, pourrait n’être que le énième petit film initiatique, l’habituel feuilleton autofictionnel, le roman familial par excellence qui, lorsqu’il est nourri de trop de pathos et trop de narcissisme, vous endort une salle dès la première minute…

Mais là non, l’Orchestre de minuit est de ces films qui vous emmènent, vous emportent, vous conduisent, immédiatement… Comme un taxi rouge conduit par un parfait inconnu, qui lui, sait tout de ce père – Marcel Botbol – que son propre fils ne connait pas !

Ainsi l’Orchestre de minuit est un film qui roule, comme un taxi casablancais, rapide, brinqueballant, avec ses nécessaires haltes à la station du sens… Un taxi qui, souvent change d’itinéraire! On ne dira jamais assez combien ce film qui nous raconte une histoire commune, celle d’une passion pour le chant, lorsqu’il est celui d’un juif marocain tant aimé par ces compatriotes, par tous les marocains, combien ce film fait de bien…

Combien, à suivre ce génial, incroyable, hilarant taxi rouge, conduit par un chauffeur polyglotte, tour à tour tyrannique, effrayé, un guide, très spirituel, à sa manière – un Aziz Dadas probablement à son meilleur – alors on se prend à se laisser entraîner dans ce scénario qui, s’il est simple, à la simplicité de ces vieilles médications que l’on avait trop longtemps oublié…

L’Orchestre de minuit, n’est pas, loin s’en faut, une performance visuelle – pas d’images léchées, rien de lisse, pas de brio – non, c’est une performance humaine, avec ses rencontres improbables- deux rabbins, par exemple, El Maleh et El Fed – et bien sûr, ce fils, Avishay Benazra, qui, s’il joue bien, joue mieux, plus le film avance – plus le taxi rouge l’emmène… Comme, vous l’aurez senti, il nous aura emporté !


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