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parousie de Satan

L’exhibitionnisme mortifère ou la parousie de Satan


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parousie de Satan

Je fais mienne la phrase de Dostoïevski qui affirme que « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis ». Et il est vrai que dans cet occident sécularisé, déraciné, postmoderne et par bien des aspects antireligieux, l’idée de « Dieu », longtemps agonisante, a fini par mourir dans le cœur des hommes. L’idée d’une morale transcendantale et structurante, a cédé progressivement la place à une relativisation du « Bien » et du « Mal », dans une dynamique nihiliste que le génie Nietzschéen n’a pas manqué d’exprimer, en nous accusons de la mort de Dieu, et de l’avènement du nihilisme.

De l’athéisme religieux, on est donc passé à l’athéisme moral. Le droit, la bien-pensance et la rhétorique universaliste et droit-de-lhommiste, entend désormais prendre le relais, et canaliser nos pulsions meurtrières, tandis que la postmodernité, entend la manager notamment par le virtuel qui se veut le palliatif et l’exutoire de cette violence enfouie en nous, et qui à termes, mute en passoire de nos pulsions les plus sordides.

L’hégémonie du réel et de la rationalité, finit par s’effondrer devant cet arrière-monde chaotique, qui dort dans les profondeurs de notre inconscient autant individuel que collectif. De la violence symbolique voulue par la modernité en tant que « catharsis », en tant que sublimation du mal et des pulsions, voilà que cette violence prétend désormais à l’immanence, dans une forme d’exhibitionnisme mortifère, permis par un progrès technique qui nous submerge.

L’internet, devient de plus en plus le véhicule et l’occasion de montrer dans toute sa nudité, la laideur et l’horreur dont l’âme humaine est capable, dans une forme de communion macabre et décomplexée, voir archaïque ou païenne, entre un violeur, un meurtrier ou un suicidaire, et son public, avide de sang, de larmes et de gémissements. C’est la manifestation d’un imaginaire mortifère, longtemps dompté et refoulé par la « kerygma » religieuse, qui servit pendant des millénaires de « surmoi » individuel et collectif, et que la tradition chrétienne, qualifie également de « Katehon », autrement dit, « ce qui retarde le chaos et l’effondrement apocalyptique du monde ».

Nous sommes ainsi entraînés par la postmodernité vers une époque pré-sémantique, pré-morale, et ante-religieuse, où la banalisation du mal, est normalisée par la réactivation ce qu’il y a de plus immoral et abject dans notre imaginaire, à coup de films et de jeux vidéos ultraviolents, dans lesquels le mal et son « anthropophanie » ont de plus en plus un rôle normatif et sympathique. C’est la « parousie » de Satan, contre laquelle les traditions n’ont eu cesse de nous mettre en garde.

Et je dis bien « Nous », car le monde musulman, bien que s’accrochant tant bien que mal à son « Katehon », n’est pas immunisé face à cette dégénérescence paradigmatique et morale qu’est la postmodernité, et dont les premiers symptômes commencent déjà à apparaître. En témoigne l’extrême jouissance que ressentent certains de nos compatriotes, certes très minoritaires jusqu’à présent, devant une vidéo mettant en scène l’égorgement ou la torture de prisonniers désarmés par Daesh en Syrie ou en Irak, ou devant l’annonce de la mort tragique de deux marocaines, mortes dans un attentat en Turquie, et dont la dignité et l’humanité a été bafouée et remise en cause, à travers des commentaires qui donneraient la nausée, à toute personne dont le cœur serait toujours habité par le divin.


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