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L’exception canadienne ou les limites du vivre ensemble


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Les invités : Jean Zaganiaris, enseignant chercheur en sociologie, Samir Khaldouni Sahraoui, consultant, Anouar Zyne, expert en communication politique et fondateur du mouvement citoyen Changer.ma et Driss Jaydane, chroniqueur Luxe Radio chargé des questions philosophiques

Le Canada, pays jusqu’ici très discret sur la scène internationale, est depuis un peu plus d’un an, sous les feux des projecteurs. À l’origine de cette surexposition médiatique, un homme. Il s’appelle Justin Trudeau et il est depuis novembre 2015, Premier ministre du Canada à la faveur d’un raz de marrée électoral alors qu’il n’était âgé que de 43 ans et surtout, alors que pratiquement rien ne le prédisposait, à priori, à l’exercice de la politique, surtout au niveau de ses sphères les plus hautes. Justin Trudeau, ou le désir de renouveau des canadiens.

Depuis sa prise de fonction, le Canada fait, en effet, figure d’exception non seulement en Amérique du nord mais à l’échelle mondiale. Alors que certains fuient l’immigration comme on fuirait la peste et que l’accueil des migrants, syriens notamment, est sujet aux débats les plus houleux, le Canada en accueille à volonté. Et c’est le Premier ministre canadien himself qui les attend à l’aéroport.

Quand l’immigration est vécue comme une menace, pour Trudeau, c’est une chance. Là où la diversité n’est permise qu’à des conditions, les canadiens voient en leur diversité une exception, une bénédiction. Le Canada veut offrir au monde l’image d’un pays pacifique, juste et paritaire. Parité parfaitement illustrée par une équipe gouvernementale comptant 15 hommes et 15 femmes, un ministre en fauteuil roulant et un ministre des infrastructures, ancien chauffeur de bus, entre autres. Pour une exception, toutes les cases sont cochées.

Mais le Canada, jusqu’ici épargné par le terrorisme, avait rendez-vous la semaine dernière avec la terreur. Deux attentats en trois jours, dont un qui a visé le Centre Culturel Islamique du Québec faisant 6 morts et cinq blessés. Tous des binationaux, marocain, tunisien, algérien et guinéen. S’en est suivi un hommage national aux victimes et une déclaration marquante du Premier ministre canadien. « La diversité est notre force » a-t-il dit, «En tant que canadiens, la tolérance religieuse est une valeur qui nous est chère. » Et de rajouter, je cite, « Les musulmans canadiens  constituent un élément important de notre tissu national ». Fin de citation. Depuis, plusieurs mesures sécuritaires ont été prises, parmi lesquelles,  une sécurité renforcée autour des mosquées. De quoi sérieusement trancher avec les réactions habituelles suivant des attentats terroristes.

Comment l’exception canadienne s’est-elle construite au fil des ans ? Le modèle canadien est-il reproductible ailleurs ? Et surtout l’exception survivra-t-elle à un monde sans cesse flirtant avec les extrêmes ? C’est le débat que nous ouvrons cet après-midi avec nos invités dans Avec Ou Sans Parure.


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