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plan Maroc Vert

Le plan Maroc Vert face à la sécheresse… Une exigence de solidarité et de débat critique


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La saison  agricole inquiète fortement malgré la chute de pluies tardives ce week-end et malgré l’annonce d’un plan anti-sécheresse dont nous ne connaissons pas encore véritablement :

  • la répartition précise
  • mais aussi les cibles réelles au-delà de l’enveloppe annoncée de 4,5 MM

Alors que le volume des précipitations s’établit en moyenne à 600 ml par an, l’année agricole en cours n’a enregistré d’après les ingénieurs agronomes consultés que 80 à 100 ml de pluie si l’on excepte l’apport de ce week-end. C’est bien trop peu…

Cette situation relance ainsi le débat sur le périmètre réel des terres irriguées qui est largement insuffisant, moins de 15% des surfaces, alors que les terres bours de loin les plus exposées représentent près de 85% des terres travaillées.

Le débat sur les distorsions de rendement, sur les types de culture réellement adaptées, sur l’irrigation, sur l’entretien et l’efficacité des barrages, refait surface alors même que le plan Maroc Vert ne suscite et n’a suscité bizarrement que peu de débats dans la presse, dans les hémicycles, dans la société civile…

La pauvreté extrême menace des pans entiers, des populations rurales enclavées et nécessitera la réactivation des solidarités familiales  à travers la diaspora mais aussi les solidarités territoriales.

Il faudra aussi redéployer au niveau du ministère de l’agriculture les structures d’accompagnement locales, considérées comme insuffisantes.

L’idée que le monde rural capitaliserait sur les effets de la dernière campagne céréalière record ne résiste pas à l’analyse, ce monde rural étant hétérogène et pluriel et pour une large part marqué par la précarité et la petitesse des exploitations.

La surface agricole utile ou SAU est estimée à 9,5 millions d’hectares, ce qui ne représente que 11% de la surface totale du pays hors terrains dits de parcours.

La dualité des structures d’exploitation est une des caractéristiques de l’agriculture marocaine.

  • 70% des exploitations sont de petites exploitations de moins de 5 voire moins de deux hectares et couvrant seulement 1 tiers de cette SAU, tournées vers l’autoconsommation et le marché local avec un poids économique faible mais un rôle social important
  • Un nombre limité d’exploitations occupant des surfaces importantes, mécanisées, irriguées, tournées vers les marchés extérieurs.

La mesure d’approvisionnement national en orge ou paille, destiné à l’alimentation du cheptel et incluant le transport depuis des centres relais est certes salutaire mais doit être rapidement activée.

Au prix de 2 DH/le kg, les plus fragiles des éleveurs et agriculteurs ne pourront pas suivre.

Le fléau de la sécheresse est également souvent synonyme d’une plus grande vulnérabilité sanitaire du cheptel ce qui risque d’accélérer les maladies et l’hécatombe des troupeaux dans certaines zones du Maroc.

L’approvisionnement en eau d’une manière générale et en eau potable destinée aux populations en particulier, sera un défi majeur où l’efficacité et la coordination des ministères concernés seront nécessaires et scrutées.

D’ores et déjà plusieurs indicateurs sensibles seront à surveiller dans un contexte de crise économique, marqué par une fragilité accrue des entreprises et par la hausse du chômage:

  • L’exode rural qui va s’intensifier dans les prochains mois malgré l’annonce de relance de chantiers et de créations d’emplois dans ces zones et ce, alors que le BTP et l’immobilier ne joueront plus leur rôle d’amortisseur.
  • Le prix des produits agricoles en zone urbaine qui devrait connaitre une hausse significative dès les mois d’avril/mai 2016
  • L’activité des spéculateurs et des intermédiaires qui vont prendre en otage les populations et le traitement qui leur sera réservé par les pouvoirs publics.

L’assurance agricole permettrait d’indemniser les agriculteurs sinistrés nous dit-on… et on reparle d’1 million d’hectares couverts cette année avec un capital garanti de 1,1 milliards de DH… sur le papier c’est beau et c’est bien… mais le médiateur et les pouvoirs publics auront fort à faire pour suivre les dossiers, accélérer la résolution des litiges liés et des indemnisations.

D’ores et déjà la campagne de sensibilisation à la couverture assurance sur les grands médias de masse est clairement insuffisante et nécessite d’être repensée alors que les chocs climatiques vont s’accélérer dans les prochaines années.


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