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Indifférence

L’Autre nom du Chaos


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Regarder, rire, ou tout simplement ne rien voir, de la Mort violente, de la souffrance infligée aux faibles, – migrants ridiculisés, pauvres gens raillés, parce que dans l’incapacité de se défendre, des migrants… N’est-ce pas cela, l’apprentissage, quotidien, de l’Indifférence à la Vie, de la Haine du Sens, lorsqu’ils se diffusent, s’injectent, déforment des millions de regards, infecte autant de psychés ?

Que peut-on penser sur l’accommodement et l’accoutumance au meurtre, réel ou symbolique, lorsque des jeunes partagent, – indécence d’un tel usage du verbe partager -, des images d’une jeune homme précipité du haut d’un immeuble, s’écrasant sur le sol ; celles de ces coups qui se donnent, pour rire, et qui sont filmés, et partagés de nouveau, prenant pour prétexte cet humour au troisième degré, présenté comme un niveau de compréhension dans la drôlerie qui ne serait l’apanage que d’une minorité d’humanistes nourrissant, comme s’il s’agissait d’une lutte entre frères, le projet de rire de tout, de la Mort, de la Vie, du Sens… Pour rire du Mal !

Et voici la violence devenue ce qui fait le Mal et ce qui fait rire du Mal. Alors, oui, comment agir ?

Par la Culture… En tant qu’elle est ce qui fonde notre condition d’humains,  séparés de nous-mêmes et du Monde, et donc voués à aller les uns vers les autres, en cherchant un sens à et en ce Monde… N’est-ce pas dans ce but unique, que nous avons inventé le langage, que nous avons inventé le l’art, les traditions, les religions, n’est-ce pas cette condition qui est tout ce que dit la Culture ? Cette chose miraculeuse et savante, qui porte en elle tous les secrets de la préservation de la Vie, la Culture, ce grand livre où sont regroupées toutes les recettes ontologiques qui nous permettent, depuis la nuit des temps, de demeurer vivants, tant avec nos corps, qu’avec nos âmes, comme individus et comme peuples !

Ainsi la Culture, comme telle, est-elle le moyen le plus sûr, au fond, pour continuer d’aimer la vie. Et de se refuser d’y être indifférent. Alors, si la Culture est cette science, cet art, ce discours de la condition humaine, il semble évident, nécessaire, et réel, qu’il n’existe-t-il pas de Culture du Mal… Du mépris, de l’abandon.

Ce qui existe, en vérité, c’est le lent et précis dérèglement du sens… Dont seule la Culture, ce discours de la Condition humaine partagée, est l’antidote, contre la Fin de l’Homme, contre les formes généralisées du consentement, de l’accoutumance, des accommodements avec le mal… Et de cela, seule la Culture est capable, c’est là sa seule fonction.

Elle qui n’est qu’une chose, ce qui fait qu’éprouvant la Vie, nous sommes, nous les Hommes, les gardiens du temple qu’elle est, les gardiens ses vivants piliers, les dépositaires du Sens et de la Vie, par le geste, la parole, et tous les actes qui nous font, nous intiment, nous commandent d’être ce que nous sommes, les continuateurs, puissants, fragiles, inquiets, mais non moins responsables de notre Humanité Commune. Inventeurs et intentés par elle, la Culture, elle est la vie vivante, avec ses signes et ses sons, ses langues et ses traditions, dont nous sommes à jamais, pour toujours, les seuls et uniques responsables.

Elle, la Culture, préservation du Sens et de la Vie, elle qui, seule, est notre plus précieux talent, en ce monde. Le seul qui vaille d’être défendu, qui est notre génie de durer. De refuser l’Indifférence, qui est l’autre nom du chaos.


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