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Il était une fois la semaine


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L’actualité de cette semaine regorge de situations et de dossiers mettant en relief la nécessité de mettre en place un système global plus efficient et plus réactif de contrôle et d’évaluation tant dans la sphère administrative qu’économique.

J’en signalerai deux parmi des dizaines d’autres, voire des centaines d’autres…

Tout d’abord, Salaheddine Mezouar a demandé récemment aux consuls d’être interactifs avec les attentes de la communauté marocaine et d’être à sa disposition. Initiative, ô combien louable, vous en conviendrez…

Il a tenu d’ailleurs une réunion avec les 31 nouveaux consuls qui seront évalués nous dit-on dans un délai de deux mois seulement, un peu court non ? Cela dit, nous sommes tous rassurés, ils seront évalués sur la base d’une charte éthique qu’ils ont récemment signée.

Compétence, responsabilité et dévouement sont les critères sur la base desquels ils ont été sélectionnés insiste-t’on… on veut bien le croire mais n’était-ce pas le cas avant? Passons !

Ce vaste mouvement au sein du corps consulaire a concerné les 2 tiers, je dis bien les 2 tiers, des consuls généraux.

Le ministre a fait savoir qu’une batterie de mesures avait été prise pour améliorer la qualité d’accueil, rapprocher les prestations des citoyens, simplifier et moderniser les procédures….

Et pour faire plaisir à nos geeks, une recette qui marche à tous les coups, le e-consulat petit fils de l’e-gouvernement cher à notre bisounours nationale Mélanie, va être développée.

Bref la réforme est en marche. Problème : La mise à jour des défaillances dans nos consulats a été révélée, dénoncée et pointée du doigt par sa majesté lui-même que dieu l’assiste alors même que ce vaste ministère des affaires étrangères n’avait pas été semble t’il en capacité bien en amont de les observer, de les recueillir, et de les traiter avec réactivité et sévérité.

Dans ce cas comme dans tant d’autres, chacun peut constater que seule l’institution monarchique a joué son rôle de garde-fous !

De façon générale, et au-delà de nos consulats, cette affaire pose aussi comme tant d’autres la question centrale du contrôle et de l’évaluation objective des actions, des systèmes et des organisations administratives. Qui contrôle qui ? À qui se plaindre ? Qui sanctionne ?

L’entre soi, le corporatisme et l’endogamie restent en fort développement ma foi.

Ils sont dans toutes les institutions, dans tous les établissements et toutes les entreprises l’un des grands dangers, l’un des écueils les plus aiguisés à éviter…. car ils minent la probité, l’esprit critique et diligent, le professionnalisme…

J’en viens donc à mon deuxième exemple….

Une sortie médiatique récente du patron de la CIMR, Mr Khalid Cheddadi, l’un des patrons les plus puissants du Maroc, est passée quasi inaperçue alors qu’elle aurait du faire l’effet d’une bombe…

Rappelons qu’avec une réserve de prévoyance de 45 milliards de dirhams, la CIMR  siège dans une vingtaine de Conseil d’administration…

Sortant de la langue de bois traditionnelle dans le milieu et des usages des discours feutrés et généralistes, Mr Khalid Cheddadi a fait une sortie exceptionnelle de  par sa franchise et son ton plutôt direct et incisif:

Il nous dit plusieurs choses…

1/ « en qualité d’administrateur, Vous accédez aux informations que le management veut bien vous donner »…. Effectivement et c’est là tout le problème.

2/ « On signe des pactes d’actionnaires pour sécuriser les investissements… » mais il faut les faire vivre et les utiliser à bon escient serions nous tentés de répondre…

On est en droit de s’interroger : Quelles informations sont distillées aux administrateurs et qui les contrôle et en évalue la véracité ?

Comment maintenir un système efficient avec les seuls avis des CAC, comme unique base d’information

En fait, le système est trop étanche et endogamique. Il ne permet pas toujours la transparence et la fluidité de l’information.  De nombreuses voix critiquent le manque de rigueur de certains auditeurs… Je rajouterai tant internes qu’externes…

Mr Cheddadi nous parle même d’énormités qui peuvent passer inaperçues aux yeux des auditeurs, d’informations qui n’ont pas été remontées par les commissaires aux comptes alors que les difficultés étaient là depuis des années assure t’il faisant allusion aux difficultés d’Alliances…

Le problème est sérieux et profond….S’agissant notamment d’informations servant de base ensuite à la présentation des bilans et des informations aux assemblées et aux CA, servant de base aux décisions des investisseurs et des petits porteurs…

Rappelons que le commissaire aux comptes a pour rôle de contrôler la régularité et la sincérité des comptes et donc de diligenter des audits, il s’assure de la sincérité des informations données dans le rapport de gestion et dans les documents dévolus aux administrateurs et aux associés….Très souvent, ils certifient sans réserve… et ne sont assujettis qu’à une obligation de moyens…

Pour Alliances comme pour la Samir, il est évident pour les observateurs que les difficultés étaient latentes depuis un moment déjà… Elles conduisent forcément à s’interroger sur les insuffisances du contrôle interne mais surtout du contrôle externe.

Elles conduisent à s’interroger sur l’incapacité des banques à déceler ces nombreux signes qui auraient permis entre autre de réduire leur exposition, sur ces conseils d’administration devenues des chambres d’enregistrement suivis d’un déjeuner entre amis.

Par qui sont nommés et rémunérés les administrateurs siégeant aux conseils ? À quels avantages ont-t’ils droits ? Quelle est leur responsabilité effective ?

La notion récente d’administrateur indépendant est dans les faits souvent synonyme de vaste comédie alors que les CAC sont nommés et rémunérés par les clients qu’ils sont sensé contrôler…

La forte concurrence entre les cabinets aurait conduit à une baisse des tarifications et donc de la qualité des prestations…

Nul doute que l’avenir nous réservera bien d’autres surprises tant les dossiers d’investissement et les prises de participation litigieuses sont légion.

Administrateurs, départements de contrôle interne et audit, commissaires aux comptes, autorités de tutelle, autorités de contrôle boursier…

Chacun doit jouer son rôle mais s’agissant d’un microcosme de l’entre soi et des amis… est-ce que tous sont prêts à aller jusqu’au bout de leur mission et outillés pour?


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