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Fallait-il interdire les manifestations des enseignants stagiaires?


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Il n’est pas un Etat qui, lorsque les circonstances le lui permettent, ne soit capable de nous rappeler qu’il est cette « chose » étrange au fond, tellement étrange et puissante, qu’elle est la seule à s’être donnée à elle-même la capacité, et finalement le droit d’exercer la violence légitime.
L’Histoire de l’Etat, c’est aussi l’histoire de cette capacité, légale, d’aussi bien compter les corps, de les détenir, de les contraindre, de les faire dociles, de les enfermer, de les violenter, de les éliminer…
Alors oui, l’Etat, partout, est violent… Et quelque soit son âge, – il porte en sa généalogie le nombre incalculable des coups qu’il a donnés… Partant de l’idée que tous ceux qu’ils violentent sont nécessairement dangereux et doivent absolument être réprimés.
Personne, en vérité, aucun citoyen, dès lors qu’il n’est pas un danger pour la communauté, les institutions, l’intégrité de l’Etat… Ne mérite de recevoir des coups, d’être bastonné, matraqué, aucun citoyen, si tant que l’on croit que la citoyenneté est une chose essentielle, ne doit être l’objet de violences, fût-elle celle de l’Etat, lorsque celui-ci croit pouvoir la distribuer à sa guise…
Pourtant, à Casablanca, à Tanger, à Marrakech, à Fès, à Oujda, à Inezgane… Ce sont bien 20.000 enseignants-stagiaires qui reçurent des coups ! De jeunes femmes, de jeunes hommes, ayant fait le choix, noble, mais non moins difficile d’éducateurs…
Des enseignants-stagiaires, réclamant simplement que soit entendue une simple réclamation : l’annulation de deux décrets du ministère de l’Education nationale portant sur la séparation entre la formation et le recrutement.
On peut, bien sûr, ne pas être capable d’entendre le contenu d’une réclamation, – elles ont toutes la qualité, qui peut très vite devenir le grave défaut, d’être tellement concrètes, ces choses qui dérangent toujours un ministère, des responsables,…

Mais fallait-il en arriver à cette violence, que nous pensions d’un autre temps… Est-il pensable, et pardonnable, qu’en 2016, on mette en sang le visage des futurs instituteurs de nos enfants ? Qu’on les jette, à moitié morts, sur des brancards ? Et à ce titre, quelle part de notre Etat est-elle revenue à l’état sauvage ?

Qui ne méritent que l’on mette leurs visages en sang, qu’on les charge, presque morts, sur des brancards, comme de la viande… Comment de futurs enseignants parce qu’ils réclament que soient entendue une simple et raisonnable réclamation, ont-ils pu être tabassés…

Au même moment où le savoir est ce qui doit être le plus respecté, le plus protégé, et que l’on devrait, plutôt que de battre ses représentants de demain, les entendre… Les traiter avec le respect dû à l’avenir de nos enfants, dont ils sont déjà le présent nié, et brutalisé…

Alors, quelle explication donner à cette violence absurde, qui n’aura pour effet que de produire, chez ceux-là même qui l’ont endurée, que l’amertume… Alors que nous attendons d’eux qu’ils apprennent à nos enfants à lire, écrire, compter, et réfléchir… Il nous faudra attendre, que ceux qui enseignent à nos enfants toutes ces choses essentielles, aient fini de panser leurs blessures.


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