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Étudiants médecins VS populations rurales : les vrais enjeux du service sanitaire national


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Le dossier du SSO fait jaser. Les étudiants futurs médecins mènent leur combat par tous les moyens possibles pour que le projet de Houcine El Ouardi soit retiré. 

Le message est clair: « nous, étudiants, on ne veut rien savoir, le gouvernement ne peut pas nous obliger à aller pendant 2 ans là où on veut pas aller, même si c’est lui qui finance nos études ». Si le caractère obligatoire dérange, le choix, quant à lui, ne résout rien, car les étudiants préfèrent naturellement travailler dans un secteur privé meilleur en rémunération et dans l’axe casa-rabat… s’il vous plait. Les arguments avancés par les étudiants ne manquent pas, et nous avons décidé aujourd’hui, dans Avec Ou Sans Parure de confronter leurs points de défenses à d’autres experts qui ne sont pas d’accord avec eux, de façon à ce que vous, chère auditrice, cher auditeur, puissiez vous faire votre propre opinion, en toute autonomie et en toute liberté.

Mais il faudrait peut-être remettre les choses dans le contexte général. Le service sanitaire obligatoire est une pièce du puzzle qui vient contrecarrer l’ouverture du capital des cliniques privées aux non médecins. Comprenez… la profusion des cliniques privées dans les prochaines années siphonnera les hôpitaux publics de leur corps médical. Le privé paiera mieux, deux à trois fois le salaire du public, les futurs médecins s’orienteront naturellement vers le privé. Ce constat futur, partagé par tous les experts, a poussé notre ministre de la santé à compenser la désertification future de nos hôpitaux publics, déjà en manque considérable de ressources humaines, par la SSO : mettre à contribution les futurs médecins issus des facultés de médecines publiques en dispensant pendant 2 ans des services de soins dans des régions rurales et enclavées du royaume.

Pour les gens avertis, le gouvernement sait qu’il n’a pas le choix et que ce projet de loi DOIT passer. Organiser des fausses marches arrières ça on a vu. Tabasser des étudiants au sein même des facultés de médecines, ça on a vu aussi. Mais ce qu’on attend voir, c’est l’existence ou non d’une alternative, éventuellement. Car depuis avril dernier, aucune autre mesure parallèle n’a été posée sur la table, y compris de la part des étudiants.

Et c’est bien cela le problème. Si le gouvernement fait marche arrière, il est fort à parier que notre pays regorgera dans les 10 ans à venir d’une centaine de nouvelles cliniques privées, payantes au prix fort et pleines à craquer, d’une part, et de plusieurs hôpitaux publics d’autre part,  vides sans médecins, ceux là ont déjà été embauchés par les cliniques privées. Que deviendront alors ces millions de personnes dans les différentes contrées reculées du pays et qui souffrent déjà d’une quasi absence totale de corps et de soins médicaux. Ne sont-ils pas marocains? Ne méritent-ils pas un peu plus d’efforts de la part de nous tous? N’est-ce pas eux qui nous nourrissent matin et soir  en travaillant dans des conditions souvent misérables? Ne sont-ils pas nos frères et sœurs gardiens de notre patrimoine rural et de nos produits du terroir? Nous tenterons de ne pas les oublier pendant ce débat, mais rien n’est sûr !


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