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oubli

De la prison du quotidien à l’oubli de soi comme délivrance


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Qui n’a jamais vécu ce sentiment banal d’enfermement, d’emprisonnement intérieur, qui nous paralyse, nous oblige à rester dans le rang, enfermés dans nos craintes, nos inquiétudes, nos doutes, mais surtout nos certitudes. Autrement dit, victimes d’une servitude volontaire, mais non vécue comme telle. Cette prison porte un nom : le quotidien. C’est d’autant plus vrai que les agences de voyage nous offrent des « évasions ».

Elle porte aussi un autre nom, plus proche de nous : « l’Ego », le « Je », dont l’avatar, n’est autre que le sentiment écrasant de « finitude », qui nous paralyse et nous hante. Et voilà que la raison, par nature schyzomorphe, s’avère impuissante à recoudre le monde, ce même monde qu’elle a assidûment tissé, telle une toile d’araignée, que  Dieu qualifiera comme « la plus fragile des demeures ».

Au « Connais-toi toi-même » de Socrate, à qui Nietzsche fera la peau 24 siècles plus tard, la mystique nous invite à l’« Oublie-toi toi-même ». Et la voie de l’oubli, de l’oubli de soi, celle de l’ivresse de l’amour fusionnel avec le Divin, est une voie triptyque de délivrance, et que l’on emprunte seul. Elle commence par la négation du monde comme représentation, la négation de soi comme illusion, et finie par la négation de Dieu comme affirmation.

« Oubli-toi toi-même, ainsi Dieu tu connaîtras » dirait le sage. C’est au final, une invitation à coïncider avec son être, c’est-à-dire à coïncider avec l’Etre. Ce qui a fait dire à Hallaj, dont la prétendue impiété vaut mieux que la ferveur des bigots : « J’ai vu mon Seigneur avec l’œil de mon cœur, et je lui dis : Qui es-tu ? Il me répondit : Toi ! ».


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