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De l’abus d’obéissance…

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De l’abus d’obéissance…

Qu’il s’agisse du tyran d’Orient, ou d’Occident, notre capacité à participer de ce qui nous asservit est tout aussi fascinante que le pouvoir fou, disproportionné, exercé par celui que l’ on nomme le tyran, le dictateur… L’Etre qui exercerait tous les pouvoirs, les incarnerait dans un corps qui s’allonge sur tous les autres… Le Sorcier, détenteur d’un secret qui lui permettrait de détenir et de tenir, dans sa main toute la puissance… Celle de se faire élever des statues, de bâtir des prisons, ou de jeter un peuple entier à la fosse commune.

Cette participation, cette forme de complicité, cet abus d’obéissance, en somme il nous faut, pour en déjouer un peu, en  comprendre légèrement la mécanique, celle qui nous fait obéir au monstre, – aller voir du côté du philosophe Alain et d’Hannah Arendt. Aux côtés d’Alain quand ce dernier, dans Mars ou la Guerre jugée, montre et décrit le rôle qu’aura joué la résignation comme condition éthique du soldat pendant la longue guerre de 14, qu’il place plus en amont de ce qu’on a cru être l’esprit de sacrifice. Lequel fut, sans doute, une construction imaginaire.

Aux côtés d’Hannah Arendt dans Eichmann à Jérusalem démontrant, brillamment que la seule et véritable horreur du nazisme aura, sans doute résidé davantage dans le zèle bureaucratique, inconditionnel, froid et aveugle de patriotes  » ayant le sentiment de faire leur devoir  » plutôt que dans ce qui pourrait ressortir comme relevant d’une perversité morale absolue.

Ne pas, donc, chercher du côté du seul Diable, mais de ces raisons qui font que les arrangements avec le Diable fonctionnent si bien, à long terme, et, surtout, à grande échelle.

Et puis, comme théoricien, chercher aussi du côté de Foucault qui travaille avec le concept de Docilité, montrant à merveille dans  » Surveiller et Punir « , la manière dont les corps et les âmes acceptent, d’une certaine manière de recourir à leur propre docilité dès lors que la norme agit telle qu’elle doit le faire… À nos corps, ne se défendant pas tant que ça, au fond… Il n’est que de voir l’effet d’un supermarché sur notre liberté de mouvement…

Ainsi, d’une certaine manière, rien de tyrannique ne saurait se faire sans un solide recours à la complicité avec ce que nous nommons, naïvement des fascismes. Le fascisme, dont on n’oublie pas qu’il a pu fasciner des bouchers comme des artistes !

Diktat et consentement à la dictature. Abus de pouvoir et abus d’obéissance comme le vice et la vertu, se tenant par le bras, en interchangeant leurs rôles !

Tâchons donc de nous poser, une fois n’est pas coutume, la difficile question : quelle est donc l’essence de ce qui nous fait obéir…


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