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Nom

De la force incantatoire du « Nom »


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Nom

Le nom des noms est celui par lequel le « Divin » nous a permis de l’invoquer, et qui chez les anciens hébreux, inspirait un tel respect et une telle terreur, qu’il était interdit de le prononcer, sauf par le grand prêtre qui le proclamait une fois par an dans le temple sacré, selon un mode vibratoire dont on a perdu le secret. Il n’était donc permis que de l’épeler ou de l’écrire, sous la forme du tétragramme : « Yod Hé Vav Hé ».

Mais Dieu, étant au-delà de l’être et de l’intelligence, ce nom, (Allah en arabe, Yahvé, ou Ellohim, ou El en hébreu, ou encore « il » ou Alaha en araméen et en Syriaque), n’est qu’un intermédiaire linguistique, vibratoire et énergétique, et une des innombrables et éminentes manifestations du Divin. Car contrairement à la « théologie positive » ou « cataphatique », qui consiste à dire ce que « Dieu » est, en lui donnant des attributs et des noms, la théologie négative ou apophatique, en arabe « tariq al nafy wa al tanzih», n’entend dire de « Dieu » que ce qu’il n’est pas, étant par là certaine de ne point se tromper. Et ce qu’il n’est pas, il l’est d’une autre manière, il l’est éminemment.

Et au risque de choquer, la théologie apophatique dira que « Dieu » n’est pas clément, c’est-à-dire qu’il l’est, mais éminemment, d’une manière fondamentalement différente de la nôtre, car la clémence de Dieu est la « clémence des clémences ». Ainsi, quiconque s’imaginant connaître Dieu par les qualifications et les attributs que les hommes lui confèrent, ne connait pas Dieu.

Il faut également prendre conscience de la puissance d’un nom donné par Dieu. Car ces « noms », sont des destinés qui habitent ceux qui les portent, et contrairement au commun des mortels dont les noms reflètent rarement la nature ou le vécu de celui qui le porte, un ange ou un prophète ne se contente pas de porter un nom, il l’incarne et l’accomplit. Il en est le réceptacle et la manifestation.

Et entre le monde des Hommes et celui des anges, le monde « imaginal » est là où se spiritualise les corps, et où se corporalisent les esprits. Les anges, ces entités pré-cosmiques, étant à cet égard la manifestation du « Dieu lumière », aux divers niveaux du monde des âmes (al malakut), et du monde des êtres (‘alam al khalq). Ces êtres de lumière, représentent et manifestent « le Divin » dans ses perfections exotériques, l’ange étant par conséquent une « théophanie » permanente et médiatrice.

L’Archange « Gabriel », de l’araméen (jabar-il), soit littéralement la « force de Dieu »,  étant la puissance manifestée du « Divin » dans le monde des êtres. Il est le canal spirituel par lequel se révèlent la lumière et la révélation, et il n’est donc pas surprenant que la tradition musulmane ait établie un parallèle entre le « Saint-esprit : al rouh al qoudous » et l’archange « Gabriel ».

Quant à l’Archange « Michael », il incarne la puissance métaphysique de Dieu dans le monde des âmes, dans le « Malakut ». Il procède de l’araméen « mi ka il », et qui est en fait une question rhétorique : « qui est comme Dieu ? », impliquant naturellement la réponse suivante : « personne » ! « Mi » : signifiant le pronom interrogatif (qui en français), en arabe (man). « Ka » signifiant (comme), c’est la même chose en arabe. Et « Il » désigne « Dieu » en araméen, d’où procède le mot arabe « Illah ».

Donc la traduction sémantique littérale en arabe de « Michail » donne : « man ka al Ilah ? », puisque dans la tradition biblique, c’est la phrase prononcée par l’archange au moment où il chassa le diable du paradis. Il en va de même pour le nom des prophètes comme « Ismael » c’est-à-dire « Ishma’ Il », celui  que Dieu entendra et dont il accomplira la demande, l’invocation et la prière. Ou encore « Abraham », qui signifie littéralement le père clément ou aimant, et dont la traduction sémantique en arabe donnera « al ab al rahim », ce qu’il fut réellement, en référence à l’épreuve qui lui fut imposée par Dieu.

Ainsi, donner un nom à son enfant, relève bien plus que de la simple esthétique ou d’une mode passagère, mais constitue un acte religieux et transcendantal. C’est contribuer à la destinée future de l’enfant, en le mettant par la médiation du « nom », en relation avec des archétypes, ayant non seulement porté le même nom, mais qui l’ont incarné dans le monde d’ici bas.


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