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PJD

Casse-tête marocain…


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Au Maroc, nous avons le sentiment que cette affaire de la formation du gouvernement est passée à l’oubli… Une brusque accélération des choses a pourtant eu lieu voici 15 jours, lors du Conseil des ministres, puis après, pour l’élection du président de la Chambre des représentants, en l’occurrence le bienheureux Habib Malki.

Tout s’était passé avec une admirable célérité pour cette élection du 3ème personnage de l’Etat, avant que ce même tout sombre dans une navrante opacité lors de cette même élection. Rendez-vous compte… Le PJD, premier parti proclamé et très bruyamment rappelé, n’a pas cru utile de présenter un candidat à la présidence de la première Chambre. Son allié indéfectible et irréductible, du moins ainsi se présente l’Istiqlal de Hamid Chabat, s’est retiré de l’hémicycle alors même que les gens du PJD y sont restés.

Le PJD a participé au vote du candidat unique, sans se prononcer, ce qui signifie qu’il n’approuve pas l’élection, mais qu’il ne s’y oppose pas non plus. Ladite élection a été rendue possible par l’agrégation de voix du RNI et de ses alliés du MP, de l’UC et même de la désormais toute petite USFP, mais cette élection a été renforcée par les suffrages du PAM, grand ennemi du PJD devant l’éternel. Seul le PPS est resté fidèle à sa ligne conductrice d’alliance et d’allégeance pour le PJD. Les communistes, ou ce qu’il en reste, disent ne pas croire en les religions, mais ici, chez nous, au Maroc, ils croient beaucoup et misent encore plus sur le parti religieux. Allez-vous y retrouver…

Comment lire, donc, l’élection de Malki, numéro 2 du parti numéro 6 par nombre de sièges à la Chambre des représentants ? La réponse est d’une déconcertante simplicité : elle est illisible.

Et ce qui accroît encore plus l’opacité de la chose, c’est le score obtenu par Habib Malki, nouveau personnage central de ce qu’on appelle avec mansuétude et magnanimité la politique marocaine. Il a obtenu 198 voix… 198, cela ne vous rappelle-t-il rien ? Non ? Allez, un petit effort de mémoire… C’est le seuil de la majorité absolue requise pour qu’Abdelilah Benkirane forme sa majorité.

Alors comment former une majorité absolue quand celui dont vous refusez l’entrée de son parti dans votre gouvernement dispose de cette majorité absolue ? La réponse nécessitera quelques années d’études de mathématiciens rompus aux équations les plus rudes.

Avec cela, on comprend que M. Benkirane se cloître chez lui et vive reclus dans ses pensées, de plus en plus noires.

Bien, et maintenant, on fait quoi ? La pluie est au rendez-vous, trop fatiguée qu’on lui impute les déboires de nos politiciens. Les investisseurs sont là, mais attendent une loi de finances pour essayer de comprendre comment les choses fonctionnent sous nos cieux, pluvieux donc… Et même les joueurs de la sélection, sans doute pour changer un peu, ont gagné un match, plutôt largement. Certes, contre le petit Togo, mais n’en rajoutons pas.

Le temps s’est arrêté, le temps politique bien sûr. Benkirane n’appelle pas Akhannouch, le président du RNI, qui attend que Benkirane l’appelle. Il manque toujours des voix à l’appel de la majorité, et le Maroc en reste sans voix, peinant à trouver sa voie dans les méandres et les circonvolutions des pensées de nos politiques.

Et pourtant, on sait que tout le monde, ou presque, piaffe d’être au gouvernement, et même que Benkirane souhaite plus que tout au monde d’en rester le chef, mais il refuse de voir dans le gouvernement le parti dont le numéro deux vient d’accéder à la présidence de la première Chambre sans l’opposition de Benkirane et de son PJD.

Décidément, il y a des moments où on comprend les autruches…


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