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Les bourses dévissent : une crise très grave que personne ne veut regarder en face


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Hier, la FED donnait les conclusions de sa réunion de deux jours et bien des bourses attendaient cela avec impatience. Il faut dire que je ne sais pas si vous suivez cela de près, mais en ce moment, la bourse, c’est pas la joie.

Les bourses asiatiques sont en déconfiture totale, les pays émergents sont submergés par la baisse des prix des matières premières et les grandes places mondiales elles-mêmes suivent un cours du pétrole qui s’effondre et le peu de crédibilité que l’on peut apporter à l’idée de reprise. Bref, c’est la crise de chez crise.

Pour vous donner une idée, en six mois, l’indice Shanghai Composite a perdu près de la moitié de sa valeur. En un mois à peine, le Nasdaq comme le CAC 40 ont perdu pas loin de 1000 points. Le Nikkei a dévissé lui aussi, bref. Si vous suivez les choses au jour le jour mais sans prendre de recul, vous vous réjouirez peut-être de voir qu’hier, quelques places boursières ont connu une vague hausse qui permet à la presse spécialisée, en pleine hystérie méthode Coué, de se dire que tout va bien mais c’est pas vrai. Et il est largement temps de s’inquiéter. D’abord parce que cette crise boursière n’est pas seulement la conséquence ou la fin de la dernière grosse crise que nous ayons vécu en 2007-2008, mais bien une nouvelle, produit de la précédente et que c’est pas bon, quand les crises se succèdent en rang serré sans qu’on ait le temps de souffler. Ensuite parce qu’elle révèle une crise économique sous-jacente qui n’est pas près de se résorber. Oui, voyez un peu comme ça s’est enchaîné : crise financière donc crise économique donc crise financière.

Le cercle vicieux, vicié et spiralant vers le gouffre par excellence, quoi. Enfin, parce que, en douce, rien n’ayant été fait pour l’empêcher, on a quand même continué à produire des bulles spéculatives ici et là qui vont pas tarder à faire kaboom. Ad minima, un bon gros pchit des familles et que ça ne va pas arranger les choses. Bref ? Vous avez l’habitude désormais : je ne suis pas optimiste.

Bon, alors, reprenons dans l’ordre. D’abord, nous avons la question du pétrole et des matières premières. Si leurs prix dévissent, évidemment, les bourses suivent, c’est logique. Ben oui, on a une consommation mondiale de 90 millions de barils par jour. Quand le baril était à 100 dollars, il y a seulement un an et demi, les flux d’argent engendrés étaient de 3300 milliards de dollars par an. Aujourd’hui, on est à peine à 1000 milliards par an. Moins du tiers, oui, ça fait mal. Logique aussi que cela installe un climat de grosse, mais alors grosse crise économique dans l’ensemble des pays émergeants et chez tous les pays dépendant de leur production pétrolière, y’en a beaucoup. Ensuite, on a le ralentissement chinois, qu’on analyse mal à mon avis. Quoi qu’il en soit, la Chine se concentre désormais sur sa consommation intérieure, ce qui signifie avant toute chose que son potentiel de croissance, elle ne le disperse plus à tout vent et donc que le monde n’en bénéficie plus. Enfin, on a la conséquence de la crise précédente et des mesures que l’on a prise pour tenter de la résoudre. Notamment, toutes les mesures de quantitative easing et autres baisse des taux directeurs partout. Attention, hein, si les conclusions de la FED hier nous ont appris quelque chose, c’est que bien sûr, les marchés ne réagiraient pas bien en cas de relèvement des taux trop brutaux, parce que la situation économique est toujours plus que fragile, instable, même. Sauf que concrètement, ce à quoi on est confronté, avec tout ça, c’est une déflation généralisée qui est un vrai problème, tout de même. Et qui nous présente également avec une nouvelle crise financière possible.

Oui, non, parce que les traders, n’ayant été confronté en vrai à aucune forme de régulation depuis 2008 n’ont pas chômés, vous pensez bien. Donc on est face à une bulle, sur cette question monétaire. Ben oui, regardez, le GSCI Commodity Index est au plus bas depuis 2004, le Baltic Dry Index est à sa valeur la plus basse depuis sa création, en 1985 ! La banque centrale chinoise mais aussi la banque centrale saoudienne vident leur réserve de change en dollar à plus de 35 millions de dollars par mois. Les banques centrales du Brésil, du Japon, de la Russie, la BoE ou la BCE font la même chose, juste en plus lent. Tous les pays détenteurs de dettes en dollar vendent. Tu m’étonnes qu’avec tout ça, la FED veuille relever les taux, même si elle ne le peut pas pour l’instant !Allez, passons sur les détails, ce n’est pas comme si cette bulle était en soi spéculative, n’est-ce pas ? Ce n’est pas comme si les traders en profitaient parfois pour pratiquer tranquilou bilou une forme de vol sur l’économie déjà chancelante, n’est-ce pas ?

Allez, allez. On se concentre. Nous sommes donc face à une crise, qui certes, est liée à la précédente mais pas que, puisqu’elle spirale là depuis à peine 6 mois et en particulier depuis un mois, où certains indices, comme le CAC 40 ont perdu près de 20 % de leur valeur. Et ça, mes bons, c’est pas bad business as usual. C’est à mon sens les signes extérieurs d’une forme de pivot qui se réalise. Revenons sur la crise boursière chinoise, par exemple. Dans le même temps que la Chine connaît une fuite des capitaux exemplaires, on met le yuan dans le panier des valeurs du FMI, ce qui isole encore un peu plus le dollar monnaie de référence, déjà bien attaquée par la baisse du pérole. Que se passe-t-il en vrai ? En interne, on restructure le marché intérieur, on investit massivement dans des infrastructures. Ça coûte et paradoxalement, en effet, ça fait fuir l’argent en même temps qu’on assainit l’économie réelle. Par contre, en Occident, que voit-on ? Au contraire, l’économie réelle va mal, du fait de la crise financière de 2007-2008, et elle entraîne la bourse derrière elle, sans espoir de restructuration, car le centre du monde est en train de se désaxer. Ce que seront les grands équilibres demain dépendra essentiellement des résolutions géostratégiques qui sont en train de se dessiner, ceci dit, concrètement, on peut au moins dire deux choses : un, tout ce qu’on a fait pour répondre à la crise de 2008 a été au mieux inefficace, au pire, à la source de la crise actuelle. Deux, le système économique et financier mondial n’est plus simplement en crise, comme les cycles économiques anciens pouvaient nous y préparer : crise puis reprise, etc. Non, on est en face d’un effondrement systémique qu’il va falloir dépasser pour mieux se réinventer.


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