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Bouc émissaire

Bouc émissaire


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Bouc émissaire

Nul n’ignore ce qu’est un « bouc émissaire » : c’est une personne ou un groupe de personnes à qui l’on fait supporter tous les torts, toutes les défaites, tous les renoncements. Le groupe social quel qu’il soit va ainsi s’acharner sur ce bouc émissaire, généralement innocent, pour s’exonérer de sa propre faute ou masquer son échec.

Les exemples sont légion : l’agneau que l’on égorge, le bouc que l’on chasse, la sorcière que l’on brûle, le noir que l’on réduit en esclavage, les femmes que l’on asservit, le juif que l’on gaze, l’arabe que l’on colonise, l’hérétique que l’on fait abjurer, le blasphémateur que l’on fouette, l’apostât que l’on décapite, l’immigré que l’on exploite, l’assisté que l’on humilie, l’homosexuel que l’on soigne.

Entre tous ces exemples, aucune différence de nature, simplement une différence de degré dans l’horreur. Parce qu’ils n’ont pas le même sexe, pas la même pigmentation, pas la même croyance, pas la même langue, pas les mêmes idées ou pas les mêmes envies, alors ils doivent être sacrifiés. Sacrifiés au nom du respect d’une religion, de la grandeur d’une nation ou de la propagation d’une idée.

Dans un état de droit, ces tentations populistes sont sans véritables incidences tant que les institutions fonctionnent correctement. Les institutions démocratiques fonctionnent généralement correctement mais elles sont fragiles et particulièrement sensibles aux crises et aux mutations économiques majeures.

À la faveur de l’une de ces mutations, le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est démocratiquement appelé à la chancellerie par le vieux maréchal Hindenburg. Personne n’a pris au sérieux ses discours racistes. Beaucoup d’Allemands pensaient par contre qu’il pourrait redresser le pays en proie à une crise économique majeure. Deutschland uber alles. Chacun sait ce qu’il est advenu de ceux qu’il avait choisi comme boucs émissaires… et des autres.

À la faveur d’une autre mutation tout aussi profonde, le 20 janvier 2017, Donald Trump a été investi président des États-Unis d’Amérique. Personne ne prend réellement au sérieux ses discours misogynes et racistes. Beaucoup d’américains pensent par contre qu’il peut redresser le pays en proie à une crise économique majeure. Make America Great Again.

Qu’adviendra-t-il de celles et ceux qu’il a désigné comme boucs émissaires des maux de l’Amérique ? Et des autres ?

En France et en Allemagne, d’importantes échéances électorales vont avoir lieu en 2017 et les partis qui n’ont d’autres programmes qu’offrir à la vindicte populaire l’autre, l’étranger ou le réfugié comme bouc émissaire y ont également le vent en poupe.

Nous pensions en avoir fini avec cela, nous nous sommes trompés. La haine de l’autre et l’élimination de sa différence, réelle ou supposée, sont encore à l’ordre du jour dans de nombreux pays et de nombreuses sociétés.

Nous n’en avons pas encore totalement fini avec ceux qui divisent, comparent, excluent alors que s’il y a bien deux choses dont nous pouvons être parfaitement certains c’est d’une part que nous n’avons qu’une planète dont nous ferions bien de nous occuper et que d’autre part nous partageons tous une seule et unique origine.

Travaillons à préserver et protéger ce que nous avons en commun, notre planète et notre humanité.

Jacques a dit : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l’humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables ».

Jacques a bien dit.

J’ai dit.


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