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Qu’est-ce qu’une coalition gouvernementale?


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Les invités

• Omar Benjelloun, avocat et acteur politique

• Hamid El Ammouri, professeur de sciences politiques

• Khalid Tritki, journaliste indépendant

• Murtada Calamy, chroniqueur aux Matins Luxe

Édito

L’annonce du nouveau gouvernement serait imminente et aura le mérite de mettre fin à cinq longs mois d’attente et de spéculations. Si les rumeurs vont bon train sur l’affectation des portefeuilles ministériels, rien n’est encore sûr et il convient d’attendre.

Par ailleurs, une chose est bien sûre, la majorité gouvernementale a, elle, réussi l’exploit de se constituer et, au final, ce n’était pas si dur que cela. C’est à se demander pourquoi cela a pris autant de temps. Car pour cette coalition, ne cherchez pas la convergence des idées et des programmes, vous risquez d’être déçus. Pour former une majorité relativement confortable, il fallait un certain nombre de sièges et, mathématiquement seulement, c’est désormais chose faite.

Mais, dans ces conditions, convient-il d’appeler cela une coalition gouvernementale ? Entre PJD, PPS, USFP, Mouvement Populaire, RNI et UC, quelle est, idéologiquement, la référence ? Et en termes de réalisations, quand dans 100 jours, une année, deux, trois années, et toutes les fois qu’il faudra questionner le gouvernement sur une promesse électorale traduite, ou non, en réalisation, à quel programme électoral faudra-t-il se référer ? Quelle est la feuille de route du prochain gouvernement ? Et jusqu’à quel point les attentes des citoyens, qui se sont exprimés par leur voix aux dernières législatives, seront-elles prises en compte par le prochain exécutif ?

D’ailleurs, et depuis quelques temps, beaucoup de ceux qui avaient réussi à se réconcilier avec l’exercice du vote, vont plus loin jusqu’à poser une question assez inquiétante pour l’avenir de la vie politique au Maroc : Sert-il à quelque chose d’aller voter ? Car si, au final, un parti ou plusieurs réussissent à accéder au pouvoir même en ayant récolté peu de suffrages, quelle est la moralité de l’histoire ?

Quel signal envoie-t-on aux électeurs et, plus encore, quel signal envoie-t-on aux partis politiques ? Si ceux-là ne profitent pas d’une défaite électorale pour tirer les leçons, qu’est-ce qui serait susceptible, sinon, de provoquer des prises de conscience et de déclencher les remises en questions nécessaires à l’évolution de l’exercice de la politique pour mieux servir l’intérêt du citoyen ?

Autres questions, et pas des moindres, qui se posent sur la majorité gouvernementale, c’est la place du PJD en son sein. De quelle autorité disposera réellement le chef de gouvernement ? Le souvenir est encore trop frais des bras de fer engagés entre plusieurs partis politiques de l’actuelle majorité, et qui ont fini par coûter son poste à l’ancien chef de gouvernement et ainsi à son remplacement.

Comment, maintenant, rétablir un rapport serein de respect et de loyauté entre des chefs de partis qui ne se sont pas épargné les attaques et les piques par médias interposés ? Et enfin, que dire de l’opposition, outil essentiel et tellement indispensable à toute démocratie ? Le PAM, sera-t-il au final, la seule opposition effective ? Seul contre tous ? Car, même dans les rangs de l’opposition, il ne faudra pas attendre des alliances, elles sont, pour certaines, in associables. Quelle majorité et quelle opposition pour les cinq prochaines années ? C’est le débat que nous ouvrons avec  nos invités cet après-midi dans Avec Ou Sans Parure.


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