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Hammad Kabbaj

Ceux qui tentent d’empêcher Hammad Kabbaj de recourir à la justice.

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Ceux qui tentent d’empêcher Hammad Kabbaj de recourir à la justice.

Une partie de la société civile marocaine  s’est mobilisée ce week end, les uns pour demander une marche contre le PJD invoquant  « اخونة المجتمع », ou « l’islamisation de la société à la mode des frères musulmans », les autres au sein des réseaux sociaux appelant à poursuivre un salafiste, dès que la nouvelle du rejet de candidature du candidat pjdiste Hammad Kabbaj s’est répandue ce vendredi matin. L’idée est d’empêcher le quarantenaire aux propos jugés judeophobes tenus en 2015, invoquant « Allah d’exterminer tous les juifs de la planète jusqu’au dernier » sans faire de distinction entre les juifs et la politique d’un État, de recourir au Tribunal Administratif  contre la décision du Ministère  de l’Intérieur   en la personne du Wali de la Région de Marrakech-Safi, Abdelfattah Elbejioui. Ce dernier a justifié dans sa lettre de rejet, que le candidat « a tenu publiquement des propos contraires aux principes essentiels de la démocratie stipulés dans la constitution, par le recours à la propagation d’idées extrémistes incitant à la discrimination, à la haine, à la division et à la violence, dans plusieurs milieux de la société marocaine ». Une première dans l’argumentation officielle du Ministère de l’Intérieur pour les uns, étrange pour les autres, surtout que le candidat en question se présente sous les couleurs d’un parti politique dûment habilité à exercer la politique dans notre pays, lequel parti est « considéré » comme étant attaché à la constitution, à la constante démocratique  et aux instituons du Maroc, et qui plus est, dirige le gouvernement sortant.

Plus encore, la loi électorale est claire: les cas d’invalidation d’une candidature sont parfaitement énumérés et rien ne peut, ici dans l’affaire Hammad Kabbaj, d’un point de vue strictement légal, le disqualifier. S’il recourt au tribunal administratif, il est quasi certain qu’il obtiendra gain de cause.

Comment alors faire pression sur Hammad Kabbaj pour l’empêcher de recourir à la justice? Le problème réside justement dans les termes de la question. Toute personne qui s’estime lésée doit se sentir libre d’ester en justice, laquelle lui appartient le dernier mot. La puissance publique ne peut s’exercer que dans le cadre de la loi, et cela est la définition même de l’Etat de Droit. Nous ne pouvons jeter à la poubelle l’Etat de Droit à cause d’un homme aux propos condamnables certes mais légalement autorisés, vu qu’aucune loi claire claire et évidente contre le racisme n’existe. Les lois ainsi que les lois organiques sont élaborées justement pour clarifier la position du législateur à partir de l’esprit de la constitution, mais cette dernière ne peut servir à un tribunal administratif pour rendre des jugements.

Que faire? Tout ce que nous pouvons faire, c’est de donner à Hammad Kabbaj le sentiment qu’il est libre de recourir à la justice, laquelle justice aura le dernier mot. Le reste qui consiste à étaler des arguments tirés par les cheveux ne tient pas. Car en fin de compte, personne n’a jugé utile de poursuive Hammad Kabbaj pour ses propos judeophobes au moment des faits, en 2015. Et même si une plainte est déposée contre lui lors des prochains jours, il est très peu probable qu’un jugement définitif soit rendu avant le 7 octobre. Faut il rappeler que le fait d’être poursuivi devant les tribunaux au Maroc ne vous empêche pas de vous présenter aux élections ?! Seul un jugement définitif vous condamnant et dans des cas précis, pourrait vous en empêcher.

Enfin, il faudra chercher ailleurs. Car cette piste pour combattre l’obscurantisme et les dangers de l’islam politique, il faut le dire, est sans issue, pire, contre-productive. Celle qu’a entreprise Hammad Kabbaj, en adressant une lettre au Roi, l’est encore plus. On aura tout vu dans cette campagne et le meilleur est à venir.


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