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Coronavirus: les chiffres officiels ne sont pas faux, mais simplement irréels

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Coronavirus: les chiffres officiels ne sont pas faux, mais simplement irréels

C’est un phénomène qui restera gravé dans la mémoire des neurosciences et de la sociologie. Partout, la diffusion en continu des résultats des personnes testées positives au covid 19 sur les chaînes d’information et dans les médias. Ce chiffre que semblent suivre les rédactions du monde entier, est traqué par tous. Presque tous ont adopté ce modèle de traitement médiatique, et qui n’a d’autres effets que celui de minimiser les dégâts futurs d’une telle épidémie.

D’abord, mettons nous d’accord que le vrai est le contraire du fictif, et que le juste est le contraire du faux. Autrement dit, l’irréel ( le fictif) ne peut être ni juste, ni faux.

Le Coran explique cette dualité de manière pointue. Dans Sourate 31 verset 30

« ذَٰلِكَ بِأَنَّ ٱللَّهَ هُوَ ٱلْحَقُّ وَأَنَّ مَا يَدْعُونَ مِن دُونِهِ ٱلْبَٰطِلُ وَأَنَّ ٱللَّهَ هُوَ ٱلْعَلِىُّ ٱلْكَبِيرُ »

Dieu est réel, toute autre divinité en dehors de lui est fictive, autrement dit, une pure invention de l’esprit. Le réel, donc, est cette réalité objective – objective truth- qui existe en dehors de la conscience humaine. La question du juste et du faux ne se pose pas dans l’approche coranique de la théologique islamique. Dieu est réel, il n’est pas fictif. Tout comme le dessin animé “ Petit Nicholas” est fictif – irréel-, il ne viendrait à l’idée de personne de dire s’il est juste ou faux, puisqu’il n’existe pas dans la réalité.

Aujourd’hui 24 mars, à titre d’exemple, nous lisons partout « 28 cas officiels de contaminations nouvelles au Maroc, portant le nombre total à 143 cas positifs à ce jour ». Irréel. Incroyablement fictif. Mais juste. Explications.

Il est « juste» de dire que « 28 » représente le nombre de cas positifs parmi le nombre limité des personnes testées durant les dernières 24 heures au Maroc. Mais dire que ce sont des « nouvelles contaminations » ou « des nouveaux cas » est irréel. Aucune personne parmi ces 28 n’a été contaminée aujourd’hui 24 mars, ni hier, ni même avant- hier, ce n’est pas la réalité, c’est irréel. Elles l’ont été il y a 14 jours, étant donné la période d’incubation du virus de …14 jours.

Plus précisément, ces 28 personnes ont été contaminées le 10 mars et, pendant 11 ou 12 jours, sont passées par une période asymptotique, puis symptomatique, ensuite réactive pour enfin décider de contacter un médecin ou un hôpital. Ce n’est que le 21 mars qu’un test leur a été effectué. Le résultat du test le 22 mars, l’inscription au décompte l’officiel le 23 mars. La communication au grand public via les médias le 24 mars. En conséquence, les 28 cas communiqués le 24 mars sont, en réalité, des cas du 10 mars, et non du 24. Attribuer leur contamination au 24 Mars, comme le présente l’information de ce jour, même sous le titre « officiel », n’est pas conforme à la réalité du 24 mars. Ce n’est donc « pas vrai ». L’information est fictive, “juste” certes, mais ne correspond à aucune réalité du moment.

Elle est “juste”quand elle est présentée en relation avec le décompte officiel, sans date. Elle devient fictive quand elle désire s’appuyer sur la réalité, c à d, la date de son avènement, car aucune personne parmi ces 28 cas n’a été contaminée le 24 mars, ni même durant la semaine du 28. Pourquoi est-ce donc très important?

Que se passe t il quand vous relayez le 24 mars « 28 cas positifs additionnels », à l’instar des conférences de presse officielles tenues régulièrement, alors que ces mêmes cas ont été contaminés le 10 mars, soit 2 semaines avant?

Réponse:

  • Vous minimisez la dangerosité de l’épidémie
  • Vous occultez le fait principal que les 28 cas ont eu 2 semaines en toute liberté pour contaminer- involontairement- 896 personnes avant de s’isoler le 24. ( à partir du stade 2, le nombre des contaminés double tous les 3 jours).
  • Vous rendez difficile la description des données par l’opinion publique
  • Vous empêchez l’interrogation sur la démonstration des lois générales expliquant la diffusion des épidémies
  • Vous n’anticipez pas, vous ne faites que gérer
  • Vous vous gardez de rendre publiques vos prévisions ainsi que les paramètres que vous avez sélectionnés à votre discrétion, au cas où ils se révèleraient erronés.

Mais plus que tout autre chose, et vu que le nombre de morts est le seul “vrai” chiffre que propose votre stratégie de proportionnalité, les gens adhèrent très peu à la sensibilisation des masses aux gestes barrières et à la distanciation sociale, tant que le nombre de décès est bas. Pourtant, il est parfaitement prévisible, au regard de la courbe épidémiologique, que le nombre des décès entamera son ascension fulgurante à partir de la phase 3, un mois exactement après le début de l’épidémie. Et ce n’est qu’à partir de la phase 3 que la soudaineté de ce chiffre produit ses effets sur les perceptions collectives au sujet du sérieux de l’épidémie.

En réalité, vous courez toujours derrière la courbe épidémiologique, derrière le virus, vénérant cette proportionnalité, c à d, la progressivité des mesures en fonction du décompte officiel qui lui, est simplement irréel, fictif.

Vous ne prenez jamais le devant de la courbe du virus, vous avez toujours 15 jours de retard sur lui. Vous n’êtes pas dans l’anticipation. Vous pensez gérer la situation, jusqu’à atteindre la phase 3 de l’épidémie, et avec la soudaineté de l’exponentiel, vous réalisez que c’est le virus qui vous gère.


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